© AFP"J'appelle l'ensemble du peuple libanais, l'Etat libanais à résister et je vous promets la victoire". Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré vendredi soir une "guerre ouverte" contre Israël, dans un discours retransmis par la chaîne de télévision Al-Manar.
Peu après, sa branche armée a détruit un bâtiment de guerre israélien au large de Beyrouth. Dès cette annonce, des tirs de joie ont éclaté dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. L'armée israélienne a confirmé seulement des "dégâts légers".
Cette déclaration de Hassan Nasrallah intervenait peu après une offensive navale et aérienne lancée par Israël contre l'immeuble abritant sa résidence et ses bureaux.
Blocus quasi total
Israël a intensifié et étendu vendredi ses raids destructeurs au Liban, soumis à un blocus aérien, maritime et terrestre quasiment étanche. Volonté affichée : neutraliser le mouvement chiite libanais.
L'aviation, l'artillerie et la marine israéliennes ont détruit une vingtaine de ponts, coupé des routes et incendié des dépôts de carburants. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la route Beyrouth-Damas, l'une des seules voies qui restaient pour sortir du pays, a été bombardée à plusieurs reprises et coupée à la circulation. Les Libanais se sont retrouvés comme aux pires heures de leurs 15 années de guerre.
De son côté, le Hezbollah a continué vendredi de répliquer aux attaques de Tsahal par des tirs de roquettes, près de 100 selon une source de sécurité libanaise, sur le nord de l'Etat juif, faisant au moins huit blessés. Et des échanges de tirs ont opposé l'armée israélienne et le Hezbollah à la frontière.
Frapper "plus d'objectifs"
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a posé trois conditions à un cessez-le-feu: la libération des deux soldats enlevés, l'arrêt des tirs de roquettes vers Israël et l'application d'une résolution des Nations unies sur le désarmement du mouvement chiite libanais Hezbollah.
Il a par ailleurs a autorisé à "frapper plus d'objectifs" au Liban, après le tir sans précédent de roquettes sur Haïfa, la troisième ville d'Israël située à une quarantaine de km de la frontière commune.
Face à cette escalade de la violence qui fait craindre un conflit régional, à New-York, le Conseil de sécurité de l'Onu s'est réuni "en urgence". Il a achevé ses discussions sans demander de cessez-le-feu, comme l'espérait Beyrouth.
Cette réunion se tenait au troisième jour de la vaste opération militaire d'Israël contre le Liban, en représailles de l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah libanais pro-iranien mercredi. L'opération israélienne a fait plus de 60 morts et 165 blessés au Liban depuis mercredi.
(Photo : le chef du mouvement chiite/archives/AFP)
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