
Jusqu'à mardi : c'est le délai laissé à Israël par les ravisseurs d'un militaire de Tsahal pour obtenir la libération de détenus palestiniens. L'ultimatum ne précise pas quel sera le sort du caporal Gilad Shalit, 19 ans, enlevé le 25 juin, si les revendications des ravisseurs sont satisfaites, ni dans le cas contraire. Mais "si l'ennemi ne satisfait pas nos demandes formulées dans notre précédent communiqué, nous considérerons le dossier comme clos et l'ennemi aura à assumer tous les résultats", ont proclamé dans un communiqué menaçant les Brigades Ezzedine Al-Qassam (branche armée du Hamas), les Comités de la résistance populaire et l'Armée de l'Islam. Cette mise en demeure, annoncée lundi matin, a été rapidement rejetée par l'Etat hébreu qui a opté pour la poursuite de l'offensive militaire contre la bande de Gaza.
Lundi soir, après des consultations, le Premier ministre Ehud Olmert et son ministre de la Défense Amir Peretz ont donné le feu vert à l'armée pour continuer les opérations militaires en dépit de l'ultimatum, selon la radio militaire. Cette offensive militaire dans la bande de Gaza est la plus importante menée depuis le retrait israélien du territoire palestinien en septembre 2005. Des milliers de soldats sont massés depuis plusieurs jours aux portes de la bande de Gaza, où l'armée a multiplié les incursions terrestres et les raids aériens visant les groupes armés mais aussi les infrastructures et les bâtiments officiels de l'Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas.
"Nous ne négocierons pas"
"Nous ne négocierons pas la libération de prisonniers", a indiqué la présidence du Conseil israélien dans un communiqué. "Israël ne pliera pas face au chantage de l'Autorité palestinienne et du gouvernement Hamas, qui est contrôlé par des organisations terroristes meurtrières". Pour sa part, le gouvernement palestinien issu du Hamas a appelé les groupes qui détiennent le soldat israélien à ne pas le tuer. "Le gouvernement lance un appel aux mouvements de la résistance pour que le soldat reste en vie et soit bien traité", a affirmé le ministre de l'Information Youssef Rizqa. En soirée, malgré la tension et la poursuite des incursions, ce même gouvernement palestinien a estimé qu'il restait une "chance" de parvenir à une "formule acceptable" pour obtenir la libération du caporal Shalit.
Entretemps, des soldats et des blindés israéliens continuent d'opérer dans le nord de la bande de Gaza à la recherche de tunnels, de caches d'armes et de points de lancement de roquettes contre le sud d'Israël. Un activiste palestinien a ainsi été tué dans un accrochage avec des soldats. Les conséquences de la tension pour la population palestinienne se durcissent : après un raid israélien qui a visé la principale centrale électrique il y a une semaine, le courant est toujours rationné dans la bande de Gaza où les différentes localités sont alimentées à raison de quelques heures par jour. Une pénurie de produits de base commence à se faire sentir dans ce territoire où s'entassent quelque 1,4 million de Palestiniens, tous les points de passage par lesquels transitent les marchandises ayant été fermés par Israël.
Image LCI. Frontière Israël/ Nord de la bande de Gaza, lundi matin.
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