13 juillet : l'aviation israélienne bombarde l'aéroport de Beyrouth, mène des raids aériens meurtriers (au moins 45 civils tués) et cause de graves dommages aux infrastructures (21 ponts attaqués). Dans la ligne de mire de Tsahal : le Hezbollah chiite. Parce que l'organisation a "brisé les règles du jeu", l'armée israélienne va la "briser", selon les termes employés par le ministre israélien de la Défense Amir Peretz.
Jeudi soir, pour la seconde fois de la journée, l'armée israélienne a bombardé l'aéroport international de Beyrouth qui jouxte un bastion du mouvement terroriste. Les opérations militaires ne devaient pas s'arrêter là. L'aviation israélienne a largué des tracts au-dessus du Liban appelant les Libanais à éviter les lieux où se trouve la formation chiite libanaise.
"Une aggravation majeure du conflit"
Cette violente offensive militaire a été lancée par Israël en représailles à la capture et la mort de plusieurs de ses soldats dans une attaque du Hezbollah chiite mercredi. L'Etat hébreu, parlant d'"acte de guerre", s'était alors engagé à faire payer "le prix fort" au Liban en rendant le gouvernement libanais responsable de l'escalade. Ce dernier nie toute responsabilité.
Israël a imposé au pays un blocus maritime et terrestre. Toute la journée et à travers tout le pays, des ponts, des bases du Hezbollah mais aussi de l'armée libanaise ont été la cible de bombardements. Une quarantaine de civils ont été tués. L'offensive a poussé des milliers de personnes sur les routes de l'exode.
Le Hezbollah a répliqué toute la journée par des tirs de roquettes depuis le Liban sur le nord d'Israël. Trois Israéliens ont été tués et plus de 50 blessés. Jeudi soir, pour la première fois, deux roquettes ont atteint la ville côtière de Haïfa, troisième ville d'Israël avec 275.000 habitants. Pour l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Daniel Ayalon, cet acte représente "une aggravation majeure" du conflit.
Le veto des Etats-Unis
Un porte-parole du Hezbollah a démenti que son mouvement ait tiré des roquettes sur Haïfa, mais un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'elles provenaient du Liban sud. Il n'a toutefois pas accusé le Hezbollah d'en être à l'origine. Le Hezbollah avait menacé de bombarder Haïfa et ses environs si Beyrouth ou sa banlieue sud étaient prises pour cible par des tirs israéliens.
Cette escalade, la plus grave au Proche-Orient depuis de nombreuses années, ne semble pas prête de se terminer, les protagonistes campant sur leurs positions et accentuant les menaces.
Le Conseil de sécurité de l'Onu se réunira en urgence vendredi. Par ailleurs, les Etats-Unis ont mis leur veto à un projet de résolution appelant à la fin des raids israéliens à Gaza.
(Photo l'aéroport de Beyrouth jeudi soir/DR)
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