TF1-LCI beyrouth libanC'est la guerre sur deux fronts pour Israël, qui cherche à libérer ses soldats pris en otages : d'une part, au Sud, dans la bande de Gaza pour retrouver Gilad Shalit, enlevé il y a plus de deux semaines par le Hamas ; d'autre part, au Nord, au Liban, où ont été enlevés mercredi matin deux de ses soldats par le Hezbollah.
Confirmant les propos d'Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, qui a accusé le Liban d'être derrière le rapt des deux hommes et a promis de lui en faire "payer le prix", la riposte contre le pays du Cèdre est de plus en plus violente. Jeudi matin, Israël a ainsi fait savoir qu'il comptait désormais imposer un blocus total au Liban, aussi bien terrestre, aérien et maritime.
La banlieue chiite de Beyrouth bombardée
Après des premières incursions meurtrières dès mercredi dans le sud du Liban, l'offensive s'est généralisée la nuit dernière. De nombreux raids ont été répertoriés, notamment contre l'aéroport international de Beyrouth. Bombardé à au moins deux reprises, il est désormais fermé et tous les avions sont déviés sur Chypre. Selon le Hezbollah, la banlieue chiite de Beyrouth a également été la cible d'un raid jeudi matin qui aurait atteint un immeuble abritant des locaux d'Al Manar, la télévision du mouvement islamiste.
Une quarantaine de personnes seraient déjà mortes dans ces raids, dont une quinzaine d'enfants. Le gouvernement libanais a demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le Hezbollah répond
En face, le Hezbollah affirme avoir tiré une dizaine de roquettes vers "l'ennemi", dans le nord-israélien, dans la ville de Nahariya, tuant une Israélienne. Il revendique également le tir d'une fusée de type "Raad-1" sur une base aérienne et menace de bombarder la ville israélienne de Haïfa et ses environs si Beyrouth ou sa banlieue sud sont de nouveau pris pour cible par des tirs israéliens. Des roquettes tirées du Sud-Liban auraient atterri en milieu de journée sur la ville israélienne de Safed, à une vingtaine de kilomètres de la frontière, faisant une dizaine de blessés, selon le maire de la ville.
Echange de prisonniers
Dans le même temps, les frappes de Tashal continuent dans la bande de Gaza. Le ministère des Affaires étrangères a ainsi été bombardé cette nuit, au lendemain d'une journée très sanglante -au moins 23 Palestiniens tués. Face à l'offensive au Liban, le président palestinien Mahmoud Abbas a mis en garde contre le déclenchement d'une "guerre régionale".
Ehud Olmert continue pour sa part de refuser l'échange de prisonniers réclamé par le Hamas et le Hezbollah. De l'avis général, cet échange finira par se faire, mais pas pour le moment. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait annoncé que les deux soldats ne seraient libérés que par le biais de "négociations indirectes, dans le cadre d'un échange" de prisonniers. La même demande avait été faite par les ravisseurs de Gilad Shalit.
Bush : "Israël a le droit de se défendre" |
Le président américain, qui dit vouloir "encourager la paix" au Proche-Orient, a affirmé, jeudi en Allemagne, qu'Israël avait "le droit de se défendre lui-même", tout en demandant à l'Etat hébreu de ne pas prendre de mesures qui pourraient mettre en danger le gouvernement libanais. En outre, la Syrie devra "rendre des comptes" concernant cette escalade de violence, a déclaré M. Bush. "Le président Assad doit faire preuve de leadership pour la paix". Un peu plus tôt dans la matinée, un responsable de la Maison-Blanche, membre de la délégation en déplacement en Allemagne, avait indiqué que "les Syriens et les Iraniens ont une part de responsabilité du fait qu'ils abritent le Hezbollah". Jacques Chirac a pour sa part appelé "d'urgence" à "l'arrêt des violences" et à "la libération" des deux soldats israéliens enlevés par le Hezbollah, lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan. |
(Photo TF1-LCI)
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