justin gatlin athlétisme dopageIl avait nié lors de son premier contrôle positif. Il nie aujourd'hui encore s'être dopé, affirmant n'avoir pris que des produits autorisés.
Le champion olympique du 100 mètres en 2004 à Athènes, double médaillé d'or (100 et 200 mètres) aux Championnats du monde 2005 à Helsinki et homme le plus rapide du monde ex aequo avec le Jamaïcain Asafa Powell depuis le 12 mai à Doha (9.77), a annoncé samedi avoir été contrôlé positif à la testostérone lors d'une course aux Kansas Relays le 22 avril. Il l'a appris mi-juin.
Suspension à vie ?
En pleines révélations sur des contrôles positifs sur le vainqueur du Tour de France 2006 Floyd Landis et le Français Nordine Gezzar, vice-champion de France du 3000 m steeple, la révélation fait l'effet d'une bombe.
A 24 ans, l'Américain roi du 100 mètres qui avait boulversé par sa robustesse encourt pour cela une suspension à vie à l'issue de la procédure disciplinaire, qui doit passer par la Fédération américaine d'athlétisme (USATF), car c'est la seconde fois qu'il est contrôlé positif. Il risque aussi de perdre son record du monde, puisqu'il l'a réalisé après son contrôle antidopage à la testostérone, selon la Fédération internationale d'athlétisme. En 2001, il avait dans le sang un produit interdit, l'Aderall, qu'il prenait sur prescription pour soigner un mal dont il souffre depuis qu'il est enfant.
"Machination"
"Cette expérience (le contrôle de 2001) m'a rendu plus vigilant pour m'assurer de n'avoir aucun contact, pour quelque raison que ce soit, avec des produits interdits. (...) Je ne peux pas croire ces résultats, tout simplement parce que je n'ai jamais pris aucune substance interdite, ni autorisé qui que ce soit à m'administrer une telle substance", explique le quatrième sprinteur masculin de l'histoire à réaliser le triplé jeux Olympiques-Championnats du monde-Record du monde.
Son (sulfureux) entraîneur parle, lui, d'une "machination" dans la course folle à la performance. "A partir du moment où Ben Johnson (le Canadien a été contrôlé positif lors de la finale des JO-1988, ndlr), il n'et pas possible que les autres athlètes ne se dopent pas". Et Trevor Graham de rappeler que ce n'est pas la première fois que Gatlin "est pris". Le Jamaïcain se dit donc persuadé que le sprinteur a été piégé. "Nous savons qui" a fait cela, a affirmé Graham à une télévision jamaïcaine, mettant en cause un ancien employé de sa structure US Sprint Capitol Group.
Ontanon espère que Trevor Graham est "visé" |
Guy Ontanon, entraîneur de Ronald Pognon et Christine Arron, espère que derrière Justin Gatlin, c'était son coach Trevor Graham, impliqué dans plusieurs affaires de dopage en athlétisme, qui est visé. "Ce garçon n'a rien à faire sur un stade. C'est inadmissible qu'avec le nombre d'affaires et de casseroles qu'il a derrière lui, la Fédération internationale continue à lui accorder des accréditations. Ca fait énormément d'affaires, Montgomery, Gatlin, Balco, Jones, énormément de choses derrière ce garçon-là", poursuit Ontanon. Graham a reconnu en août 2004 être l'entraîneur anonyme qui avait transmis aux autorités la seringue contenant la THG, stéroïde à l'origine de l'affaire Balco, du nom du laboratoire américain reconnu coupable d'avoir fourni des produits dopants à des athlètes. Cette affaire a valu à Tim Montgomery une suspension de deux ans et la perte de son record du monde (9.78) établi le 14 septembre 2002 à Paris, alors qu'il était entraîné par Graham. "C'est bien que Gatlin soit tombé chez lui, car ça veut dire que la Fédération américaine commence à montrer des signes de lutte contre le dopage", a ajouté Ontanon. "Gatlin représentait une certaine image et ça entache notre discipline d'un gros point noir. Ca va jeter le discrédit sur l'ensemble de notre discipline et ça me fâche un peu." |
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(Photo TF1-LCI : Justin Gatlin)
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