Liban : Chirac ouvert au dialogue avec l'Iran

le 26 juillet 2006 à 13h42 , mis à jour le 26 juillet 2006 à 15h18

Dans une interview au Monde, le chef de l'Etat accuse l'Iran d'avoir "une part de responsabilité" dans la crise mais affirme qu'"il est normal d'avoir un dialogue" avec ce pays. Pour mettre un terme au conflit, il propose la mise en place d'une force internationale qui garantirait les frontières.

TF1/LCI Le plan de Chirac sur le Liban

A l 'instar de la conférence de Rome, Jacques Chirac propose la mise en place d'une force internationale. Objectif: garantir les frontières "israélo-libanaise et syro-libanaise". Dans une interview au Monde, daté de jeudi, il précise que la mission de cette force "serait de contrôler le cessez-le-feu, et d'assurer le respect des frontières".

Pour lui, l'envoi de cette force est conditionné à l'obtention d'un "accord politique, qui suppose un cessez-le-feu". Celui-ci "doit être négocié d'une part entre le gouvernement libanais et le Hezbollah, et d'autre part entre la communauté internationale, Israël et le Liban". Le chef de l'Etat écarte par ailleurs une participation à cette force de l'Otan "qui est perçu, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions".

Discussion possible avec l'Iran

Vis-à-vis de l'Iran, la position du président de la République est sans équivoque: "Dans le conflit actuel, l'Iran a une part de responsabilité. Les informations dont nous disposons prouvent que des armements sophistiqués et des financements sont envoyés par l'Iran, via vraisemblablement la Syrie, au Hezbollah. C'est un problème", a-t-il déclaré.

Le chef de l'Etat a cependant souligné qu'"on peut discuter avec l'Iran". "Il est normal d'avoir un dialogue avec l'Iran. Ensuite on en tirera les conséquences. Il n'y a pas de concession possible sur l'affaire nucléaire. C'est pour cela que je dis que c'est un problème à part et qui se réglera si nécessaire au Conseil de sécurité. Pour le reste, tout dépendra du comportement de l'Iran. Je vous ai rappelé son attitude de coopération au moment des élections libanaises. On a vu à ce moment-là l'influence que pouvait avoir l'Iran sur le Hezbollah et sa disponibilité à écouter les conseils de modération qu'on lui faisait."

Jacques Chirac a aussi condamné le bombardement par les Israéliens d'une position de la Finul, dans lequel quatre observateurs ont été tués. "Le drame que vient de vivre la Finul démontre que la situation empire sur le terrain", a-t-il indiqué. "En frappant la Finul, où servent aussi des soldats français, c'est la force de paix de la communauté internationale qui est atteinte. On ne peut que condamner cette action qui démontre plus que jamais l'urgence de l'arrêt des combats", a ajouté le chef de l'Etat.

Image LCI. Jacques Chirac en Une du Monde. DR.

le 26 juillet 2006 à 13:42
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