Liban : Chirac et Villepin appellent à la retenue

le 17 juillet 2006 à 13h59 , mis à jour le 17 juillet 2006 à 22h02

Depuis Beyrouth, Dominique de Villepin a lancé lundi soir un appel "à une trêve humanitaire immédiate" au Liban. Plus tôt dans la journée, à l'issue du G8, Jacques Chirac avait déjà appelé à l'arrêt des bombardements israéliens au Liban Sud et des tirs de roquette du Hezbollah contre Israël.

TF1/LCI : Dominique de Villepin rencontrant les Français sur le point d'embarquer sur le ferry grec à destination de Chypre Dominique de Villepin rencontrant les Français sur le point d'embarquer sur le ferry grec à destination de Chypre © DR

"J'appelle à une trêve humanitaire immédiate" pour mettre fin aux "souffrances de la population civile". Lundi soir à Beyrouth, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue libanais Fouad Siniora, Dominique de Villepin a lancé un appel à la fin des hostilités au Proche-Orient. "Notre priorité, c'est le cessez-le-feu", a-t-il ajouté tout en appelant Israël, "qui a le droit à se défendre, à faire preuve de la plus grande retenue".

Après son entretien avec Fouad Siniora, le Premier ministre français s'est aussitôt rendu au port de Beyrouth, et est monté sur le ferry grec d'un millier de places devant transporter vers Chypre des ressortissants français et étrangers évacués du Liban. Au cours d'une visite éclair qui a duré moins de dix minutes, le chef du gouvernement a prodigué encouragements aux passagers évacués et remerciements au personnel médical, diplomatique et militaire. Il a été applaudi plusieurs fois par les passagers durant sa visite sur le quai et dans le ferry.

Dominique de Villepin avait quitté Paris dans la matinée en compagnie de Philippe Douste-Blazy, le ministre des Affaires étrangères. Il avait auparavant présidé une deuxième réunion de crise à Matignon avec le chef de la diplomatie française et le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Son voyage-éclair a été décidé à la demande de Jacques Chirac, qui l'a annoncé depuis Saint-Petersbourg où il assistait au sommet du G8. A l'issue de ce sommet, Jacques Chirac a appelé à l'arrêt des bombardements israéliens au Liban et des tirs de roquette du Hezbollah contre Israël. Il a jugé ces comportements "à la fois violents et aberrants" ayant des conséquences "dramatiques" sur la population libanaise.

"Des moyens de coercition"

Le rétablissement de la stabilité au Liban, à laquelle pourrait contribuer une force internationale, devrait nécessiter "quelques moyens de coercition", a déclaré Jacques Chirac. "Il faut une sorte de cordon sanitaire. L'idée c'est à la fois d'avoir une force internationale et d'avoir également un cordon de surveillance" au sud Liban, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Interrogé sur l'application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, qui prévoit le désarmement des milices libanaises, il a répondu que "cela demandera probablement quelques moyens de coercition".

"On ne peut pas laisser les choses aller ainsi. Il faut avoir un moyen de répression, le cas échéant, et en tous les cas de surveillance", a-t-il ajouté. "Nous avons une situation qui exige une intervention extérieure, de façon à essayer de garantir les frontières et d'éviter les agressions des uns contre les autres au travers des frontières".

Pour Tony Blair, la force internationale proposée pour le Liban devra comprendre beaucoup plus que les 2000 hommes de la mission de l'ONU déjà présente dans le sud, mais sa mise en place demandera du temps. Tony Blair a averti que la force "ne pourra opérer que dans des conditions où les hostilités auront cessé" entre Israël et le mouvement chiite libanais Hezbollah. Il a aussi appelé la Syrie et l'Iran à exercer leur influence sur le Hezbollah pour que les milices cessent leurs attaques, qui ont provoqué la riposte israélienne.

Photo d'ouverture : Dominique de Villepin rencontrant les Français sur le point d'embarquer sur le ferry grec à destination de Chypre - DR

le 17 juillet 2006 à 13:59
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8 Commentaires

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  • Vastre, le 18/07/2006 à 03h32

    C'est sur ce terrain qu'on mesure l'influence de la France et de ses dirigeants.

  • Dugas, le 17/07/2006 à 20h21

    Qu'attend la France et l"Europe pour saisir le conseil de sécurité et exiger un cessez le feu immédiat et sans condition et imposer la reprise des négociations dans la région assez de lacheté de la part des grandes puissances

  • Vastre, le 17/07/2006 à 18h57

    "Liban : Chirac appelle à l'arrêt des combats". Nous allons pouvoir mesurer l'influence de notre Président et de la France dans le "concert des nations".

  • Esce, le 17/07/2006 à 17h12

    ... et la société israélienne ???? Pourquoi Jacques Chirac ne s'inquiète que pour la société libanaise ? Israël n'est pas le responsable de ce gâchis de part et d'autre mais bien le Hezbollah qui est armé par l'Iran qui veut effacer israël de la carte, et par la Syrie. Il n'y a que Sarkozie qui a dit, sans langue de bois, qui sont vraiment les responsables : Israël ne fait que se défendre.

  • Feawing, le 17/07/2006 à 16h59

    Chirac a aussi déclaré qu'il était inadmissible qu'un gouvernement souverain ne contrôle pas tout une partie de son territoire, exprimant ainsi la dissociation qu'il faut faire entre le Hezbollah et le gouvernement libanais. Il ne faut pas confondre. Israel se bat contre le Hezbollah, pas contre le Liban... en tous cas, dans leur communiqué de presse...

  • Alexandre, le 17/07/2006 à 16h39

    Comme lors de la guerre d'Iraq, tout semble donner raison à Chirac: ce n'est pas par la force qu'on résoudra cette crise du Proche Orient! On voit là la sagesse d'un Homme d'Etat qui a beaucoup de charisme et d'expérience au niveau international. Tout le contraire de Nicolas Sarkozy; va-t-en guerre atlantiste. Avec lui, on est sûr et certain que la voix de la France aura un accent d'outre-atlantique ...

  • JGH, le 17/07/2006 à 16h08

    Les premières victimes de ce conflit sont certes les civils libanais.Il ne faut pas oublier,toutefois, que le gouvernement Libanais abrite, de son plein grés, sur son sol, le mouvement des "Hezbollahs" dont le but principal reste " l'élimination" de l'état d'Israël. Plusieurs membres de ce mouvement font même partie du gouvernement de ce pays. Du coup l'état Libanais se retrouve, d'une certaine manière, et à défaut de bien vouloir faire le ménage chez lui, complice des actes terrosistes commis contre la poulation Israëlienne et il est normal qu'Israël lui demande des comptes, même si la manière semble forte. De toute façon les pays occidentaux, France en tête, qui connaisent eux-même des problèmes liés au terrorisme, sont mal placés pour donner des leçons dans ce conflit et n'ont, en aucun cas, à prendre la défense de pays qui soutiennent ces mouvement.

  • Chantal, le 17/07/2006 à 15h23

    Tout le monde rêve ou quoi??? Depuis quand un pays a-t-il la légitimité d'attaquer et de détruire un autre pays pour 2 (deux) soldats??? A quand la destruction de l'Afghanistan à cause du 11 Sept qui a tué près de 3000 hommes?? Mr. Bush, qu'est ce que le peuple américain doit penser de vous maintenant... les US seraient-ils plus faibles qu'Israel??

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