Dominique de Villepin rencontrant les Français sur le point d'embarquer sur le ferry grec à destination de Chypre © DR"J'appelle à une trêve humanitaire immédiate" pour mettre fin aux "souffrances de la population civile". Lundi soir à Beyrouth, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue libanais Fouad Siniora, Dominique de Villepin a lancé un appel à la fin des hostilités au Proche-Orient. "Notre priorité, c'est le cessez-le-feu", a-t-il ajouté tout en appelant Israël, "qui a le droit à se défendre, à faire preuve de la plus grande retenue".
Après son entretien avec Fouad Siniora, le Premier ministre français s'est aussitôt rendu au port de Beyrouth, et est monté sur le ferry grec d'un millier de places devant transporter vers Chypre des ressortissants français et étrangers évacués du Liban. Au cours d'une visite éclair qui a duré moins de dix minutes, le chef du gouvernement a prodigué encouragements aux passagers évacués et remerciements au personnel médical, diplomatique et militaire. Il a été applaudi plusieurs fois par les passagers durant sa visite sur le quai et dans le ferry.
Dominique de Villepin avait quitté Paris dans la matinée en compagnie de Philippe Douste-Blazy, le ministre des Affaires étrangères. Il avait auparavant présidé une deuxième réunion de crise à Matignon avec le chef de la diplomatie française et le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Son voyage-éclair a été décidé à la demande de Jacques Chirac, qui l'a annoncé depuis Saint-Petersbourg où il assistait au sommet du G8. A l'issue de ce sommet, Jacques Chirac a appelé à l'arrêt des bombardements israéliens au Liban et des tirs de roquette du Hezbollah contre Israël. Il a jugé ces comportements "à la fois violents et aberrants" ayant des conséquences "dramatiques" sur la population libanaise.
"Des moyens de coercition"
Le rétablissement de la stabilité au Liban, à laquelle pourrait contribuer une force internationale, devrait nécessiter "quelques moyens de coercition", a déclaré Jacques Chirac. "Il faut une sorte de cordon sanitaire. L'idée c'est à la fois d'avoir une force internationale et d'avoir également un cordon de surveillance" au sud Liban, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Interrogé sur l'application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, qui prévoit le désarmement des milices libanaises, il a répondu que "cela demandera probablement quelques moyens de coercition".
"On ne peut pas laisser les choses aller ainsi. Il faut avoir un moyen de répression, le cas échéant, et en tous les cas de surveillance", a-t-il ajouté. "Nous avons une situation qui exige une intervention extérieure, de façon à essayer de garantir les frontières et d'éviter les agressions des uns contre les autres au travers des frontières".
Pour Tony Blair, la force internationale proposée pour le Liban devra comprendre beaucoup plus que les 2000 hommes de la mission de l'ONU déjà présente dans le sud, mais sa mise en place demandera du temps. Tony Blair a averti que la force "ne pourra opérer que dans des conditions où les hostilités auront cessé" entre Israël et le mouvement chiite libanais Hezbollah. Il a aussi appelé la Syrie et l'Iran à exercer leur influence sur le Hezbollah pour que les milices cessent leurs attaques, qui ont provoqué la riposte israélienne.
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin rencontrant les Français sur le point d'embarquer sur le ferry grec à destination de Chypre - DR
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