
Au terme d'une élection présidentielle à suspense, Felipe Calderon, le candidat conservateur du Parti d'action nationale (PAN), et Andres Manuel Lopez Obrador, le représentant de gauche du Parti de la révolution démocratique (PRD) ne sont départagés que par 236 000 voix (0,57 point).
Selon le résultat définitif annoncé jeudi soir, le premier a en effet obtenu environ 15 millions de voix (35,88%), contre 14,7 millions (35,31%). Pour la première fois, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir de 1929 à 2000, arrive en troisième position -son candidat, Roberto Madrazo, n'ayant obtenu que 22,3% des suffrages.
"Pas de solution, révolution"
Auparavant, avant même cette proclamation officielle, Andres Manuel Lopez Obrador avait annoncé qu'il ferait appel devant le Tribunal fédéral électoral (TRIFE), son ultime recours légal, en cas de défaite. Il dénonce notamment de "nombreuses irrégularités" et demande donc un nouveau décompte - le 3e-, des 41,7 millions de bulletins, un par un. Une exigence pour l'instant rejetée par l'Institut électoral qui fait valoir que la loi mexicaine ne prévoit ce type de nouveau décompte qu'en cas d'anomalies.
Andres Manuel Lopez Obrador appelle donc désormais ses partisans à une manifestation samedi dans le centre de Mexico, début sans doute d'une longue bataille de protestation. Devant sa maison de campagne, une cinquantaine de personnes ont scandé "s'il n'y pas de solution, ce sera la révolution". Le Tribunal fédéral électoral doit officiellement proclamer le nom du nouveau président d'ici au 6 septembre.
Pays coupé en deux
Quoi qu'il en soit, le pays sort divisé du scrutin : le Nord, économiquement prospère, a massivement voté pour Felipe Calderon alors que le Sud, pauvre, et la capitale sont largement favorables à Andres Manuel Lopez Obrador, qui se veut le défenseur des plus démunis.
Felipe Calderon, 43 ans, conservateur catholique, ancien ministre de l'Energie, promet le changement dans la continuité : il se veut à la fois l'héritier de la politique économique du président Vicente Fox et l'initiateur d'un nouveau mode de gouvernement. Il aura néanmoins du mal à gérer les affaires : sans majorité absolue, ni à la Chambre des députés, ni au Sénat, la droite devra faire des alliances pour gouverner.
(photo : Felipe Calderon)
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