Au nom des embryons, Bush pose son veto

le 19 juillet 2006 à 21h12 , mis à jour le 19 juillet 2006 à 21h42

Le président américain a opposé mercredi son veto à une loi, adoptée par le Congrès, encourageant la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Une grande majorité des Américains y sont pourtant favorables et le texte a le soutien de figures illustres de la droite américaine.

TF1/LCI George W. Bush, conférence de presse

George W. Bush a opposé mercredi son veto - une première sous sa présidence - à une loi encourageant la recherche sur les cellules souches embryonnaires, en dépit de pressions du Congrès, de l'opinion et de la communauté scientifique. "Cette loi permettrait de mettre un terme à des vies humaines innocentes dans l'espoir de trouver des avantages médicaux pour d'autres : elle va au-delà d'une frontière morale que notre société doit respecter", a déclaré le président américain.

George W. Bush, ainsi que l'Eglise catholique et la droite religieuse, estiment que les embryons surnuméraires in vitro utilisés par la recherche sur les cellules souches représentent déjà un début de vie humaine, à ne pas sacrifier. Pour mettre en valeur cet argument, le président américain s'est entouré pour annoncer son veto d'une nuée d'enfants et de bébés, nés d'embryons surnuméraires implantés chez des couples infertiles. La communauté scientifique et les partisans de la recherche sur les cellules souches embryonnaires font valoir de leur côté que la très grande majorité des embryons surnuméraires in vitro finissent par être jetés.

La droite américaine divisée

Près des trois quarts des Américains se déclarent favorables au développement de la recherche médicale sur les cellules souches, et le projet de loi refusé par Bush, adopté par de larges majorités au Sénat et à la Chambre des représentants, bénéficie du soutien de figures illustres de la droite américaine comme la veuve de l'ancien président Nancy Reagan. Il n'a pas toutefois réuni les majorités des deux tiers qui permettraient au Congrès de passer outre l'opposition du président américain.

Le texte aurait permis de lever les limites posées par l'administration Bush en août 2001 au financement sur fonds fédéraux de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Les chercheurs ne peuvent utiliser des fonds fédéraux que pour travailler sur des colonies de cellules souches cultivées avant août 2001, dont beaucoup sont désormais inutilisables. Ils voudraient pouvoir travailler sur du matériel plus récent, ce qu'actuellement ils ne peuvent faire que sur fonds privés.

Photo d'ouverture : George W. Bush - archives

le 19 juillet 2006 à 21:12
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