
Plus de trente Palestiniens -dont plusieurs civils- et un soldat israélien tués depuis jeudi matin : l'attaque de grande envergure menée par Tsahal dans la bande de Gaza s'effectue dans le sang. Vendredi, de nombreux combats ont encore été répertoriés.
Objectifs de l'armée israélienne : récupérer Gilad Shalit, le soldat capturé le dimanche 25 juin, et faire stopper les tirs de roquette contre Israël.
Manque de soutiens
Sur le plan politique, cette offensive tous azimuts compremet gravement le plan d'Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, destiné à fixer la frontière orientale d'Israël, avec ou sans accord des Palestiniens. "Le projet est aujourd'hui au placard. Il manque aussi bien le soutien international que l'appui de l'opinion en Israël, indispensables à sa réalisation", constate le ministre de l'Habitat Méir Sheetrit.
"Il est évident qu'Israël ne peut se retirer de secteurs de Cisjordanie alors que des roquettes tombent sans arrêt et atteignent même la ville d'Ashkelon", au sud de Tel-Aviv, déclare de son côté un haut responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat. Selon lui, "du fait de l'incertitude régnant dans la bande de Gaza, le plan de 'regroupement' n'est pas à l'ordre du jour et il est improbable qu'il le redevienne alors qu'on va vers une longue confrontation avec les Palestiniens".
82% des Israéliens pour les éliminations ciblées
Le plan dit de "regroupement" a été élaboré sur la lancée du retrait israélien de la bande de Gaza après 38 ans d'occupation, réalisé sans accroc en septembre 2005 du fait d'une certaine coordination avec l'Autorité palestinienne et un arrêt des tirs palestiniens durant son exécution. Ehud Olmert en a fait son cheval de bataille dans la dernière campagne électorale, de sorte que sa victoire aux législatives du 28 mars a pu être interprétée comme un référendum en faveur du plan censé être mis en oeuvre durant l'actuelle législature, qui s'achève en 2010.
Le plan vise à un retrait de la plus grande partie de la Cisjordanie -le vague étant maintenu sur son étendue- au démantèlement de dizaines d'implantations isolées et à l'évacuation de quelques 80 000 colons sur 240 000 vivant dans ce territoire palestinien. Bien qu'il prévoit le maintien des grands blocs de colonies, il est stigmatisé par le lobby des colons et dénoncé par l'opposition de droite pour qui un tel retrait placerait sous la menace de roquettes les grands centres urbains d'Israël et l'aéroport international Ben Gourion près de Tel-Aviv.
Or les centaines de roquettes qui se sont abattues sur le sud d'Israël depuis l'automne dernier sont venues renforcer les thèses nationalistes. Aussi, la montée au pouvoir du Hamas dans les territoires palestiniens, convainquait encore les Israéliens qu'ils n'avaient pas de partenaire pour un accord de paix ou simplement pour un retrait partiel coordonné, vu le refus du mouvement islamiste de reconnaître Israël et son soutien à la lutte armée. 82% des Israéliens se disent par exemple en faveur de l'assassinat ciblé des leaders du Hamas.
D'après AFP
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