Olmert donne son accord à un "corridor humanitaire"

le 20 juillet 2006 à 16h35 , mis à jour le 20 juillet 2006 à 22h42

Le Premier ministre israélien accepte la création d'un "corridor humanitaire" entre le Liban et Chypre. Kofi Annan appelle devant le Conseil de sécurité de l'Onu à un arrêt immédiat des combats et à la réunion d'une conférence internationale sur la crise.

TF1/LCI : Ehud Olmert lors d'une réunion du cabinet israélien Ehud Olmert lors d'une réunion du cabinet israélien © DR
  • Feu vert du Premier ministre israélien à un "corridor humanitaire"

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a donné son accord en vue de la création d'un "corridor humanitaire" entre le Liban et Chypre, a indiqué jeudi soir le porte-parole de la présidence du Conseil à Jérusalem. "Notre marine permettra qu'une aide humanitaire, notamment des vivres, des médicaments et des vêtements, parvienne à la population du Liban à partir de Chypre", a affirmé le porte-parole. "En coordination avec notre marine, divers pays peuvent par ailleurs évacuer vers Chypre leurs ressortissants au Liban, et cela continuera".

Déjà en effet, l'armée israélienne permet un accès limité aux pays voulant évacuer leurs ressortissants. Les ONG se plaignent pour leur part de difficultés pour acheminer de l'aide.

Devant le Conseil de sécurité à New York, Kofi Annan a condamné "l'usage excessif de la force" par Israël au Liban et le Hezbollah pour avoir provoqué la crise. Il a appelé "à agir fermement" pour ramener la paix et la stabilité au Proche-Orient, et réclamé un arrêt immédiat des combats pour "empêcher de nouvelles pertes de vies innocentes et de nouvelles souffrances". Le cessez-le-feu permettrait aussi une intervention des organisations humanitaires. Le secrétaire général de l'Onu a également appelé à la convocation d'une conférence internationale sur le Liban afin de mettre au point un calendrier pour l'application des résolutions de l'Onu, notamment le désarmement du Hezbollah.

Le coordonnateur des secours d'urgence de l'Onu, Jan Egeland, a mis en garde pour sa part contre "une catastrophe humanitaire" au Liban, affirmant que la situation s'aggravait "d'heure en heure". Les Libanais souffrent d'une façon "qui est inacceptable, et leur situation va s'aggraver dans les jours à venir".

  • Sur le front diplomatique 

La Russie a appelé à son tour jeudi à un "cessez-le-feu immédiat" au Liban, en mettant en garde contre une "catastrophe humanitaire de grande ampleur". Le pape Benoît XVI est intervenu pour appeler à une journée de prière dimanche pour un cessez-le-feu immédiat au Proche-Orient, dans un message soulignant le triple droit du Liban à l'intégrité, des Israéliens à vivre en paix et des Palestiniens à disposer d'un Etat. Le Caire et Ryad ont aussi réclamé un cessez-le-feu immédiat.

Pour sa part, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice se rendra au Proche-Orient la semaine prochaine. Le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, va se rendre successivement à Chypre, au Liban, en Egypte, en Jordanie et en Israël.

  • Israël se prépare à un conflit long et à une offensive terrestre

Le chef d'état-major israélien Dan Haloutz a averti que la campagne militaire "pourrait durer longtemps", dans un message écrit adressé aux soldats. Le ministre de la Défense, Amir Peretz, a de son côté indiqué que son pays lancerait une opération terrestre de grande envergure au Liban "si nécessaire".

  • Affrontements entre le Hezbollah et les soldats israéliens

Au neuvième jour du conflit, les combattants du Hezbollah ont affronté jeudi les soldats israéliens à l'intérieur même du Liban, dans le sud du pays près de la frontière israélienne - des combats qui ont fait plusieurs victimes de part et d'autre. Le Hezbollah a affirmé avoir bombardé à la roquette le siège du commandement militaire israélien à Safed, ainsi que les villes de Tibériade et Carmiel dans le nord d'Israël.

  • Bombardements à Beyrouth

Trois fortes explosions ont été entendues jeudi en soirée à Beyrouth. La capitale libanaise, où se trouvaient pendant la journée des soldats américains venus évacuer leurs ressortissants, avait bénéficié avant cela de plusieurs heures de répit depuis l'attaque avant  l'aube d'une vingtaine d'avions israéliens. Ils avaient largué 20 tonnes de bombes sur ce qui a été présenté comme le site d'un bunker du Hezbollah au sud de Beyrouth, mais le parti chiite a soutenu que le raid avait visé une mosquée en construction. L'aviation avait aussi bombardé le QG du parti dans la banlieue sud chiite, presque en ruines. Dans le reste du Liban, les chasseurs-bombardiers israéliens ont continué leurs raids dans l'Est, où deux civils ont été blessés.

  • Des journalistes pris à partie à Beyrouth

Jeudi après-midi, un officier de la police libanaise a annoncé l'enlèvement de deux journalistes britanniques de télévision et leurs deux assistants libanais, qui étaient en train de filmer dans un quartier du centre de Beyrouth. Ils avaient été selon lui capturés par des membres du Hezbollah "les soupçonnant d'être des espions". En fait, les deux journalistes, Dave Mason et Richard Gaisford de la chaîne Good Morning TV, qui filmaient un centre de réfugiés dans la partie à majorité musulmane de Beyrouth, avaient été pris à partie par les réfugiés. Ils ont ensuite été remis (mais on ignore par qui) aux forces de l'ordre qui les ont brièvement retenus avant de les relâcher ainsi que leurs assistants libanais. Les journalistes ont ensuite été reçus par le Premier ministre Fouad Siniora.

Photo d'ouverture : Ehud Olmert lors d'une réunion du cabinet israélien - AFP

le 20 juillet 2006 à 16:35
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