
Avant même le début officiel du sommet du G8, tous les participants ont souligné la gravité de la situation au Proche-Orient. La flambée de violence dans la région a transformé est au centre du sommet qui s'est ouvert samedi soir à Saint-Pétersbourg.
Le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov a mis en garde contre "un risque réel" d'extension du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban à d'autres pays de la région.
Une action "disproportionnée"
Mêmes craintes côté britannique. "La situation est très grave, les implications sont très graves et nous devons nous en occuper de manière urgente", a indiqué un porte-parole de Tony Blair. Et côté américain. "Il y a un risque d'escalade (du conflit) dans la région que nous voulons tous éviter", a déclaré le conseiller pour la sécurité nationale Stephen Hadley. Le président français Jacques Chirac "attend du G8 une mobilisation de tous" pour obtenir une désescalade entre Israël et le Liban, a déclaré son porte-parole.
Cependant, on voyait difficilement, samedi soir, quelles mesures efficaces pourraient adopter les Huit pour mettre fin à la crise, au delà d'un appel pressant et solennel à la retenue. De fait, l'appui marqué de Washington à Israël - dont plusieurs autres pays du G8 jugent l'action "disproportionnée" par rapport aux opérations du Hezbollah - semblait exclure une intervention plus énergique.
M. Hadley a indiqué que Washington chercherait à obtenir un texte commun du G8 condamnant le Hezbollah et le Hamas, ainsi que l'Iran et la Syrie, accusés de soutenir le mouvement chiite.
Les affrontements entre l'armée israélienne et le Hezbollah au Liban avaient déjà éclipsé partiellement les autres grands sujets lors des entretiens du président russe Vladimir Poutine et son homologue américain George W. Bush, arrivé en Russie avec 24 heures d'avance.
"Nous sommes inquiets de la violence"
Les deux hommes ont appelé ensemble à la paix au Proche-Orient. "Nous partageons les mêmes préoccupations. Nous sommes inquiets de la violence. Les pertes de vies innocentes nous troublent. Le président Poutine comme moi souhaite un dialogue pacifique", a dit le dirigeant américain lors d'une conférence de presse conjointe.
Mais, derrière les formules diplomatiques, leurs divergences ont été patentes sur les risques d'embrasement au Proche-Orient. Ainsi, M. Bush a martelé que la meilleure façon de mettre fin au conflit serait que le Hezbollah désarme et cesse d'attaquer Israël, tandis que M. Poutine a plaidé pour un recours à la force "proportionné" et dénoncé tant les enlèvements que "des attaques contre les territoires d'autres Etats", une formule incluant les frappes d'Israël au Liban.
Outre les grands dossiers géopolitiques déjà ouverts par Poutine et Bush, le G8 devrait se pencher sur la sécurité énergétique - un autre sujet épineux - et ceux, plus consensuels, de la lutte contre les maladies infectieuses et de l'éducation. Samedi soir, le G8 a néanmoins commencé sur une note détendue, par un dîner informel dans le cadre somptueux du palais Konstantin, au bord de la Baltique.
(Première "photo de famille" samedi soir/DR)
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