
Alors que le Conseil de sécurité de l'Onu est appelé à se prononcer cette semaine sur un projet de résolution condamnant la Corée du Nord après ses tirs de missiles, le numéro un nord-coréen Kim Jong-il, dans une rare intervention, s'est dit prêt dimanche à une "guerre totale" en cas de "vengeance" des Etats-Unis. Cette nouvelle diatribe, dans la plus pure ligne des propos belliqueux du régime communiste, intervient en pleine montée des tensions dans la région. Le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Aso, a déclaré que le Japon aurait le droit, en dépit de sa Constitution pacifiste, d'attaquer la Corée du Nord en cas de menace nucléaire directe. Ces déclarations ont suscité une vive réaction en Corée du Sud, adepte, au contraire du Japon, d'une politique de rapprochement avec le Nord.
Ces dissensions régionales illustrent les difficultés d'obtenir une réponse internationale conjointe aux tirs de missile nord-coréens tandis que doit être annoncée, lundi, la date du vote au Conseil de sécurité de l'ONU. Le projet de résolution, présenté par le Japon et soutenu par les pays occidentaux, invoque le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ouvrant la voie à des sanctions et, en dernier ressort, à un recours à la force. Tandis que la Chine, qui a droit de veto à l'Onu, préférerait une déclaration présidentielle moins contraignante, le Japon a une nouvelle fois insisté dimanche sur sa volonté d'obtenir à l'ONU des sanctions contre Pyongyang.
"Tout message non contraignant est dénué de sens"
"Si nous capitulons devant une seule puissance qui détient un droit de veto, nous enverrons le mauvais message à la communauté internationale", a déclaré le ministre Aso dans une allusion à la Chine. "L'Histoire nous enseigne que tout message non contraignant est dénué de sens", a ajouté le chef de la diplomatie nippone. Une allusion à la déclaration présidentielle non contraignante que le Conseil avait adoptée en 1998 après un essai de missile nord-coréen qui avait survolé le Japon, suscitant de vives craintes dans l'archipel.
Face à cette opposition frontale, Christopher Hill, principal négociateur des Etats-Unis sur la Corée du Nord, a souligné dimanche à Séoul le besoin d'une issue diplomatique à la crise : "Ma mission ici n'est pas d'obtenir des sanctions (...) Ma mission ici est de faire en sorte que nous parlions tous d'une seule voix face à cet acte provocateur". Se rendant ensuite le même jour à Tokyo, il a tenté de relativiser les tensions générées par les tirs de missiles nord-coréens : "Ce qui est important, c'est que tous les pays affichent leur résolution à leur manière. Je ne vois pas de divisions." La suite de sa tournée en quête d'une réponse internationale commune doit l'emmener à Moscou. La Russie, également détentrice d'un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, s'oppose en effet aussi à une résolution menaçant Pyongyang de sanctions.
Photo d'ouverture : tir de missile nord-coréen - archives
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