© AFP - PASCAL PAVANILes propos de Marco Materazzi qui ont provoqué le coup de tête de Zinédine Zidane en finale du Mondial-2006 n'étaient "pas de nature raciste", a annoncé jeudi à Zurich la Fédération internationale de football (Fifa).
"Les deux joueurs ont unanimement admis que les propos de Materazzi constituaient une atteinte à l'honneur mais qu'ils n'étaient pas de nature raciste", a précisé la commission de discipline de la Fifa, sans toutefois détailler exactement les propos de l'Italien.
Le Français, qui a pris sa retraite, a écopé de trois matches de suspension qu'il devra purger sous la forme d'"activités humanitaires (...) en faveur des enfants et des adolescents" et de 7500 francs suisses d'amende pour son geste. L'Italien a lui été sanctionné "pour sa provocation répétée" de deux matches de suspension et de 5000 francs suisses d'amende.
Une controverse qui grandissait depuis la finale du Mondial
Le Français avait été le premier à faire l'objet d'une procédure disciplinaire dès le 11 juillet, soit deux jours après la finale, avant que la Fédération internationale ne fasse de même avec Materazzi sur la foi des déclarations de Zidane à la presse. Le vice-champion du monde avait expliqué, le 12 juillet, dans deux entretiens accordés à Canal+ et TF1, avoir réagi à "des mots très durs" de l'Italien visant "sa mère et sa soeur". Il avait surtout réclamé des sanctions contre "le vrai coupable". "Et le vrai coupable, c'est celui qui provoque", avait-il affirmé.
Le lendemain, la Fifa convoquait Marco Materazzi. L'Italien avait, depuis la finale, reconnu avoir "insulté" Zidane mais nié avoir proféré des propos racistes et des paroles déplacées concernant la mère du joueur. "Je ne lui ai rien dit qui concernerait le racisme, la religion ou la politique, avait-il ainsi indiqué au quotidien sportif La Gazetta dello Sport. Je n'ai pas parlé non plus de la mère."
La seule différence dans les dépositions de Zinédine Zidane et Marco Materazzi porte sur le "degré de l'insulte" proférée par l'Italien, a déclaré jeudi Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française, qui avait accompagné Zidane à l'audition. "Il s'agissait d'insultes, comme on l'a lu un peu dans la presse, à l'encontre de la maman et de la soeur de Zinédine Zidane. Sur ce point-là, ils ne sont pas tout à fait d'accord, le joueur italien estimant qu'il s'agissait uniquement de la soeur, et Zinédine étant très formel en disant qu'il y avait eu aussi des insultes vis-à-vis de sa mère". "Le plus important dans cette décision, et qui fera jurisprudence, c'est que le provocateur a été puni", a réagi pour sa part Frédéric Thiriez, président de la Ligue du football professionnel (LFP).La soeur, la mère... ou les deux ?
Photo d'ouverture : Zinédine Zidane (premier plan) quittant le terrain lors de la finale France-Italie du mondial 2006 après son coup de tête à Marco Materazzi (arrière-plan, au centre) - AFP - PASCAL PAVANI
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