
Deux semaines après la fin des hostilités entre Israël et le Hezbollah, Kofi Annan se rend lundi à Beyrouth pour évoquer le déploiement de la Finul renforcée (qui débutera, a-t-il indiqué dimanche, "d'ici environ une semaine") et la sécurisation des frontières. En effet, la résolution 1701 qui a dessiné le 12 août le cadre du règlement du conflit "demande au gouvernement libanais de sécuriser ses frontières et les autres points d'entrée de manière à empêcher l'entrée au Liban sans son consentement d'armes ou de matériel connexe et prie la Finul (...) de prêter assistance au gouvernement libanais sur sa demande".
Or, le gouvernement libanais refuse d'impliquer les troupes internationales dans la surveillance de sa région frontalière avec la Syrie, d'où proviennent selon Israël les armes utilisées par le Hezbollah. Damas refuse un déploiement de Casques bleus à sa porte et a menacé d'y répondre en fermant la frontière, étranglant le Liban toujours soumis au blocus d'Israël. Mais ce dernier Etat exige pour sa part que ce soit la Finul qui surveille la contrebande d'armes, et en a fait la condition à la levée de son blocus. Cette question devrait dominer les entretiens de Kofi Annan à Beyrouth. Hassan Nasrallah a déclaré pour sa part qu'il n'y aurait pas de problème avec la Finul tant que sa mission n'est pas de désarmer le Hezbollah.
Des troupes israéliennes toujours présentes au Sud Liban
Dans le sud du Liban, les troupes israéliennes occupaient encore neuf positions dimanche, selon un porte-parole de l'armée libanaise, interdisant aux soldats libanais de se déployer jusqu'à la frontière. Israël a conditionné son retrait de la zone frontalière à l'arrivée de troupes internationales susceptibles de dissuader toute velléité offensive du Hezbollah qui occupe toujours le terrain. Ce pourrait être chose faite d'ici une semaine grâce au déploiement de contingents français et italien de la nouvelle Finul. Les premiers des 7000 hommes promis par les pays de l'Union européenne, après 15 jours d'atermoiements, devraient arriver à Naqoura, le QG de l'Onu dans le sud du Liban, dans les jours qui viennent.
Le profil de cette nouvelle Finul, qui comptera à terme jusqu'à 15.000 hommes contre environ 2000 aujourd'hui, sera affiné lors d'une réunion des pays contributeurs lundi à New York. Déjà dans le sud du Liban, plus de 200 soldats français du génie nettoient actuellement cette région truffée de munitions non-explosées, et y rétablissent les communications après 34 jours de bombardements israéliens des routes et des ponts. La France, qui s'est engagée pour un total de 2000 Casques bleus, déploiera de nouvelles forces sur le terrain "d'ici 20 jours", a annoncé Michèle Alliot-Marie. L'Italie prévoit de faire partir dès mardi les premiers de ses 2000 à 3000 hommes. L'Espagne devrait fournir pour sa part 950 hommes, selon la radio Cadena Ser, sans préciser quand.
Nasrallah : négociations en cours avec Israël pour un échange de prisonniers Hassan Nasrallah a déclaré dimanche que des négociations indirectes avaient récemment commencé par le biais du président du Parlement libanais pour un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah. La capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens le 12 juillet avait déclenché une offensive israélienne de 34 jours. Les combats ont opposé l'armée israélienne et le Hezbollah jusqu'au 14 août, date de l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités.
Photo d'ouverture : Arrivée de soldats français au Liban - archives
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