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La France prête à commander la Finul élargie

Edité par
le 16 août 2006 à 12h45
Temps de lecture
5min
Michèle Alliot-Marie

Michèle Alliot-Marie / Crédits : France2

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MondeMichèle Alliot-Marie a déclaré mercredi que Paris était prête à assurer le commandement de la Finul élargie. Israël a accusé le Hezbollah de violer la résolution de l'Onu en ne libérant pas ses deux soldats enlevés le 12 juillet. La milice a accepté que l'armée libanaise, qui doit se déployer dès jeudi, saisisse les armes qu'elle "trouvera".
  • Tsahal a commencé à céder la place à la Finul

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé mercredi soir à se retirer d'une partie du sud du Liban dont le contrôle a été pris par la Finul. Ce retrait "par étapes" a débuté notamment près de Marjayoun, au nord de Bint Jbeil.

  • La France pourrait rester aux commandes de la Finul élargie 

A ce propos, Michèle Alliot-Marie, ministre française de la Défense, a affirmé mercredi sur France 2 que la France serait prête, comme elle y est pressentie, à assurer le commandement de la Force internationale des Nations Unies (Finul) élargie, censée compter quelque 15.000 hommes au Liban-Sud. La ministre de la Défense a toutefois précisé qu'il faudrait d'abord que le mandat et les moyens de ce commandement et de cette force soient précisés : "la question, aujourd'hui, ce n'est pas combien et quand, c'est pour quoi faire et comment" et des pays musulmans et européens doivent s'engager aux côtés de Paris. D'autant qu'une mission "floue" pourrait "se transformer en catastrophe".

La France, qui est dans la Finul actuelle depuis 1978 avec 200 soldats sur 2000, en assure déjà "aujourd'hui le commandement", a rappelé la ministre. "Nous allons continuer d'assurer ce commandement, nous sommes prêts à le faire jusqu'au mois de février prochain, y compris pour la Finul élargie". Le mois de février constitue en effet le terme du mandat du général français Alain Pellegrini à la tête de cette force. "Depuis le début de la crise, c'est l'armée française qui assure l'intégralité du ravitaillement de la Finul", a précisé la ministre.

  • Israël parle de violation de la résolution onusienne

Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères, a affirmé mercredi que la non-libération des deux soldats enlevés le 12 juillet par le Hezbollah, constituait " une violation claire de la résolution" 1701 de l'Onu. Celle-là même qui a permis le cessez-le-feu lundi. La ministre a réclamé depuis le siège de l'Onu à New York "la libération immédiate et inconditionnelle des otages israéliens", après s'être entretenue avec le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan.

En réalité, la résolution 1701 n'exige pas spécifiquement cette libération mais souligne la nécessité de remédier aux causes ayant donné naissance à la crise, "notamment en obtenant la libération inconditionnelle des soldats israéliens enlevés".

  • Le Hezbollah accepte la saisie de ses armes "trouvées"

Le porte-parole du gouvernement libanais a annoncé mercredi que le Hezbollah était d'accord pour que l'armée libanaise, qui doit débuter le déploiement de ses 15.000 soldats dès jeudi dans le sud du Liban (lire plus bas), saisisse les armes qu'elle y "trouvera". "Il n'y aura pas de confrontation avec le Hezbollah", a-t-il déclaré car "l'armée se déploie sur son territoire, pour la population, contre personne".

  • Douste-Blazy demande la levée du blocus

Après avoir rencontré le chef de la majorité parlementaire antisyrienne, Saad Hariri, à Beyrouth, le ministre français des Affaires étrangères a appelé mercredi Israël à lever le blocus total qu'il impose au Liban depuis le début de l'offensive contre le Hezbollah le 12 juillet, "car cela est important pour la reconstruction et la reprise de l'activité économique". Le Liban, qui importe tout son carburant et la plupart de sa nourriture, a déjà réclamé lundi la levée du blocus maritime et aérien. Il a aussi demandé la libération "sans condition" et au plus vite des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah. 

  • Nouvelle évacuation de Français 

Environ 400 personnes, dont près de 350  Français, doivent quitter Beyrouth mercredi soir sur un navire militaire  français à destination du port chypriote de Larnaca, a annoncé le ministère français des  Affaires étrangères. Avec cette nouvelle opération d'évacuation, 13.900 personnes, dont 10.850 Français, auront quitté le Liban grâce au dispositif de rapatriement mis en place par la France, a précisé le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.

  • Le Liban approuve le déploiement de ses soldats dès jeudi

Le gouvernement libanais s'est réuni mercredi après-midi et a approuvé le plan de déploiement à partir de jeudi de ses 15.000 militaires au sud du fleuve Litani. Ils doivent, en vertu de la résolution onusienne, reprendre les positions détenues par l'armée israélienne avec l'appui des casques bleus de la Finul. Quelque 2.000 soldats commenceront donc à se déployer jeudi à 06h locales (03h GMT).

Le Hezbollah facilitera le déploiement de l'armée libanaise au Liban sud mais restera dans la région en tant que parti, a de son côté affirmé mercredi à Tyr Nabil Qaouk, le responsable politique du mouvement chiite pour le Liban sud, éludant la question de son désarmement. Le président libanais (prosyrien) Emile Lahoud a jugé mercredi "honteux" de réclamer le désarmement du Hezbollah, "l'unique force du monde arabe qui a tenu tête à Israël".

  • Israël n'exclut pas de rester longtemps 

Alors que le retrait des forces israéliennes se poursuit au Liban-Sud (plus de 2000 soldats sur les 30.000 sont déjà partis), l'Etat hébreu envisage la possibilité d'une présence durable. Le retrait de Tsahal prévu par la résolution de l'Onu doit se faire parallèlement avec le déploiement de la force multinationale de la Finul renforcée et des forces libanaises.

Mardi, le chef d'état-major israélien, Dan Haloutz, annonçait un retrait d'ici à 10 jours, tandis que l'Onu appelait la communauté internationale à faire connaître ses propositions de participation à la Finul. Or selon un officier supérieur des renseignements militaires, "le déploiement complet de la Finul renforcée prendra des mois". Du coup, "jusqu'alors Tsahal devra rester sur le terrain", a alors réagi le chef d'état-major israélien.

De son côté toutefois, un haut responsable onusien a espéré mardi soir le déploiement au Liban-Sud "d'ici 10 à 15 jours" de 3.000 à 3.500 hommes qui constitueraient l'avant-garde de la Finul renforcée (15.000 soldats) prévue par la résolution 1701.

  • Peres : "Israël a atteint ses objectifs" contre le Hezbollah

Estimant à 600 sur 2.500combattants du Hezbollah tués par Tsahal lors de ce mois de conflit, le vice-Premier ministre israélien Shimon Peres a affirmé mardi que l'Etat Hébreu avait atteint ses objectifs. Selon lui, le Hezbollah a perdu près 50% de ses capacités offensives. "Je ne dis que c'était facile mais nous avons tenu bon et nous estimons que nous sortons de ce conflit en bon état au plan militaire et en meilleur état au plan politique."

L'armée israélienne considère qu'elle a remporté "une victoire significative" mais pas "éclatante", selon un haut responsable militaire qui s'exprimait mercredi devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset. 

  • La politique d'Olmert critiquée

Les deux tiers des juifs israéliens sont favorables à la création d'une commission d'enquête d'Etat sur la conduite de la guerre contre le Hezbollah au Liban, selon deux sondages publiés mercredi (contre 28% d'avis contraire). La popularité du Premier ministre, Ehud Olmert, et du ministre de la Défense, Amir Peretz, a d'ailleurs fortement chuté selon les deux sondages. Seules 40% des personnes interrogées se disent satisfaites de la conduite des affaires par M. Olmert, contre 77% qui se déclaraient satisfaites au début de la guerre en juillet, selon le sondage du Maariv. Seuls 28% se disent satisfaites de la gestion des affaires par le ministre de la Défense, un ancien leader syndicaliste. Le second sondage traduit la même tendance: 84% des sondés se disent mécontents de la conduite des affaires par le gouvernement.

  • Le chef d'état-major israélien en sursis

Dan Haloutz, cloué au pilori pour une transaction boursière privée au moment du déclenchement de la guerre, risque d'être le premier responsable à faire les frais des ratés de l'offensive contre le Hezbollah. Il est accusé d'avoir vendu des actions peu avant le déclenchement des combats au Liban le 12 juillet, après une attaque du Hezbollah et l'enlèvement de deux soldats. L'affaire fait scandale au Parlement, où des députés ont demandé une enquête, alors que des ministres se bornaient à affirmer que le moment d'un limogeage n'était pas opportun.

(Photo France 2: Michèle Alliot-Marie, ministre française des Affaires étrangères)

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  • Julien : La question centrale est celle du désarmement du Hezbollah. Tout le reste est secondaire ou ne soulève que des problèmes qui ont une solution aisée. Il n'y a pas d'autre issue que ce désarmement, sinon la recontruction du Liban débouchera inéluctablement sur un nouvel épisode de destruction de ce pays. Tout le monde l'a compris, à commencer par les bailleurs de fonds de la reconstruction du Liban qui, bien sûr, exigeront du gouvernement libanais à la fin du mois d'Août toutes les assurances pour que leur effort financier ne soit pas gâché par un nouveau conflit. Là réside probablement la pression la plus forte qui s'exercera sur le Hezbollah. Reste que l'Iran peut aisément perturber ce retour à l'équilibre. Il faudra en tirer alors toutes les conséquences.

    Le 16/08/2006 à 13h29
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