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Italie : Hina, Pakistanaise, tuée par son père

Edité par
le 16 août 2006 à 16h16
Temps de lecture
3min
Drapeau italie
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MondeLe meurtre d'une jeune Pakistanaise, tuée dans le Nord de l'Italie par des membres de sa famille car elle rejetait le mode de vie traditionnel lié à l'islam, bouleverse le pays. Et alimente la polémique sur l'intégration des immigrés.

Hina avait 21 ans et vivait à Sarezzo, près de la ville industrielle de Brescia, dans le Nord-Est de l'Italie. Son petit ami était un Italien de 33 ans, divorcé puis remarié. Hina avait tout pour être heureuse. "Elle était très belle, elle mettait des mini-jupes ou se découvrait le nombril comme toutes les filles de son âge, et parlait très bien l'italien", raconte l'un de ses voisins.

Mais Hina était Pakistanaise, issue d'une famille qui respectait à la lettre la tradition religieuse. Ses parents ne supportaient pas son mode de vie et voulaient la marier de force à un cousin. Elle refusait. Samedi, son corps a été retrouvé dans le jardin de la maison familiale. Selon le procureur, elle a été victime "une sorte de punition infligée par son père parce qu'elle ne respectait pas les règles de leur ethnie et de leur culture". L'oncle de la jeune fille est également poursuivi pour meurtre et dissimulation de cadavre et un troisième homme de la famille -le beau-frère- est encore recherché.

Avant de s'enfermer dans le silence, le père, décrit par son avocat comme un homme très pieux "qui respecte le Coran à la lettre", a déclaré aux carabiniers avoir tué sa fille parce qu'il ne voulait pas qu'"elle devienne comme les autres". Les enquêteurs veulent notamment savoir si le meurtre a été prémédité, une hypothèse étayée par le fait que les femmes et les enfants du clan familial semblent avoir été préalablement écartés de la maison.

Polémique politique

Ce meurtre bouleverse tout le pays. Un porte-parole de la communauté pakistanaise de Brescia le condamne mais ne veut pas le lier à l'islam. "Des tragédies identiques peuvent aussi arriver dans des familles italiennes", affirme-t-il. A l'opposé, le chef du groupe Alliance Nationale, l'un des partis de l'opposition de droite, souligne qu'un "tel drame nous fait comprendre que le chemin de l'intégration est long et qu'il ne faut pas être démagogique quand on parle de citoyenneté et de droit de vote" des immigrés.

Il fait référence au projet du gouvernement de gauche libéraliser les conditions de naturalisation des immigrés, mesure destinée selon lui à favoriser leur intégration. "Il est évident que pour accéder à la citoyenneté, il faut adhérer pleinement aux valeurs de la Constitution et aux droits fondamentaux comme le droit des femmes à choisir leur vie", précise le ministre de l'Intérieur, Giuliano Amato.

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  • Delphine : Encore un drame terrible, comme on en voit de plus en plus. Une pensée pour Hina, énième victime d' un crime d' honneur, on espère que ses bourreaux paieront cher!

    Le 16/08/2006 à 17h24
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