Liban : Chirac répète ses arguments

Par Par D.H., le 09 août 2006 à 12h28 , mis à jour le 09 août 2006 à 20h31

En vacances au Fort de Brégançon, le président a réuni mercredi à Toulon les ministres concernés par le dossier du Proche-Orient. Il a répété l'importance d'une solution diplomatique au conflit, affirmant que toute renonciation à un cessez-le-feu serait "immorale" et déplorant une "réserve américaine" sur la résolution à l'ONU.

Jacques ChiracJacques Chirac

Ce Conseil des ministres restreint s'est tenu à Toulon, car Jacques Chirac est en vacances dans la résidence des présidents, le Fort de Brégançon sur la côte varoise. Le chef de l'Etat a réuni mercredi le Premier ministre Dominique de Villepin et les ministres de la Défense et des Affaires étrangères sur le Liban, Michèle Alliot-Marie et Philippe Douste-Blazy, afin de faire le point sur le dossier du Liban.

Le président a ensuite tenu une conférence de presse. "Toute solution doit passer par un accord politique" pour faire cesser cette "crise qui menace l'équilibre de toute une région", pour "rétablir la souveraineté du Liban sur son territoire et garantir à Israël le droit à sa sécurité", a martelé Jacques Chirac.

Une "réserve américaine"

La solution doit donc être politique, elle doit aussi être immédiate, a redit le président. Regrettant une certaine "réserve" de la part des Etats-Unis au projet de résolution à l'ONU intégrant certaines demandes du Liban, il a mis en garde contre une renonciation "à un cessez-le-feu immédiat" qui serait "la plus immorale des solutions". D'ailleurs, le président s'est refusé à donner un calendrier d'action car "cela voudrait dire qu'on peut retarder un cessez-le-feu", ce qui est inenvisageable selon lui.

Les deux phases de la solution au conflit restent donc pour lui : la "cessation complète et la plus rapide possible des hostilités et à partir de là, établir les principes d'une solution à long terme avec le déploiement d'une force internationale" qui pourrait se faire selon lui "dans un mois par exemple". La France "sera prête à y participer", a-t-il dit, saluant "la proposition libanaise de déployer 15.000 soldats dans le Sud".

Chirac se méfie de la Syrie pourtant incontournable

En attendant, la France va poursuivre ses deux efforts entamés depuis le début du conflit : évacuer les ressortissants étrangers et aider à la résolution diplomatique du dossier. Engageant les Libanais à "rester unis" pour affirmer leur souveraineté et leur indépendance, il a affirmé qu'il "est légitime que l'Iran, puissance importance de cette région, soit consultée" et que "l'expérience m'a conduit à ne pas avoir tout à fait confiance dans la Syrie avec laquelle nous aurons de toutes façons à négocier, notamment sur la (ligne de) démarcation".

Il a illustré ses propos : "la Syrie, à plusieurs reprises, a indiqué son accord sur la libanité des Fermes de Chebaa mais elle n'a jamais accepté de le faire par écrit, sachant parfaitement que c'est une exigence naturelle, juridique pour que l'ONU puisse décider une modification de frontière. Donc je le répète, je n'ai pas confiance". Il a d'ailleurs réclamé de la Syrie, afin de "faire un acte de confiance fort", qu'elle aide à faire la lumière sur l'assassinat de l'ex Premier ministre libanais et son ami proche, Rafic Hariri, en février 2005, en collaborant mieux à l'enquête de l'ONU. La Syrie s'est dite "étonnée" par ce manque de confiance.

"Pas de progrès" à l'ONU


Le Premier ministre libanais Fouad Siniora a affirmé ce  mercredi qu'il n'y avait "pas de progrès jusqu'à présent" dans la rédaction d'une nouvelle mouture du projet de résolution franco-américain au Conseil de sécurité. Les Etats-Unis disent "travailler dur" pour surmonter les différences avec leurs partenaires pour parvenir à une résolution des Nations unies sur le Liban et ne veulent pas "d'escalade" dans la violence, selon la Maison Blanche mercredi.

Par Par D.H. le 09 août 2006 à 12:28
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13 Commentaires

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  • Jen, le 09/08/2006 à 14h47

    Je ne crois pas que Mr Chirac ait démontré par le passé une quelconque autorité pour décider ce qui est immoral de ce qui ne l'est pas.

  • Pierre, le 09/08/2006 à 14h34

    Il faut qu'il ose condamner israel,au lieu d'accabler la syrie qui n'a peut etre rien à voir dans l'assassinat d'hariri peut etre est ce le mossad?!

  • Maroune, le 09/08/2006 à 14h29

    Chirac remue ciel et terre pour son ami hariri , et non pas pour les libanais , si chirac veut rendre service aux libanais ! qu'il cesse de se mêler de notre politique interieure , en utilisant la présidence française pour favoriser le petit hariri , qui après cette guerre , n'existera plus politiquement .

  • Florent, le 09/08/2006 à 14h23

    Je ne vois pas en quoi l'Iran devrait être consulté ??? La France a-t-elle négocié avec l'Espagne la construction du tunnel sous la Manche ?

  • PEGGY MOREAU, le 09/08/2006 à 14h20

    Quand jchirac parle de consulter l'Iran, sans au préalable leur demander de reconnaître Israël qu'ils veulent anéantir , c'est encore de sa part un déculottage parfait. Il est vrai que son pays la France n'est pas concernée, comment réagirait il alors ??

  • Honte, le 09/08/2006 à 14h09

    Comme d'hab Chirac fait passés ses interets ceux de la France

  • Olivier, le 09/08/2006 à 13h58

    Quel soulagement d'avoir comme Président, un homme qui connait parfaitement le Liban, sur un plan politique, économique, stratégique et surtout, conservant des affinités réciproques avec lui. De plus, nous avons la chance que le contexte intérieur ne vienne pas perturber notre position. Un an plus tard, cà aurait pu être une catastrophe avec d'autres (de tous bords) au pouvoir. Le langage est clair, intelligent et sincère. Bravo aussi à la diplomatie française qui ne condamne pas non plus systématiquement ce que fait Israël, car la solution est politique. Malheureusement, c'est toujours la tristesse qui domine face à ces drames innommables qu'on n'effacera jamais...

  • Karim, le 09/08/2006 à 13h57

    Arguments intéressants mais éloignés de la réalité actuelle du terrain. Le Hezbollah est la force dominante du Liban et toute solution durable au conflit passe par la réduction de son influence. Cela n'est pas possible sans une étape militaire préalable et d'ailleurs en cours. Le Hezbollah reste fort tant qu'il n'a pas épuisé son stock d'armes. Oe celui-ci n'est pas éternel et l'aviation israëlienne empêche désormais l'essentiel de son approvisionnement. Le temps joue donc contre Le Hezbollah et facilite à terme la résolution du conflit dans les termes suggérés par J. Chirac. Mais pour l'heure, on ne voit pas comment les combats pourraient s'arrêter.

  • Tfoucher, le 09/08/2006 à 13h57

    Que chirac s'occupe de son PEUPLE avant tout avant de soccuper des autres pays, il est deja incapable de comprendre les francais alors qu'ils se taise !

  • Damien, le 09/08/2006 à 13h55

    Il est tout de même dommage que M Chirac s'investisse de bien meilleure façon sur les dossiers de politique extérieure plutôt que sur les problèmes de son propre pays... Pensez à balayer devant votre porte avant de regarder celle des autres...

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