Débarquement au Liban de 50 soldats français devant participer à la Finul renforcée © DRAccusé de ne pas envoyer suffisamment de troupes au Liban, Paris a répliqué dimanche en réclamant une réunion européenne qui aura lieu la semaine prochaine, probablement mercredi, pour clarifier les positions des uns et des autres sur le renforcement des Casques bleus.
Des consultations sont en cours entre pays contributeurs potentiels et Onu pour constituer une Finul renforcée dans le cadre de la résolution 1701 qui a mis fin le 12 août à un mois de combats entre Israël et la formation armée chiite libanaise Hezbollah. Très en pointe dans les efforts diplomatiques pour faire taire les armes et trouver une solution politique, la France est maintenant accusée de ne pas jouer le jeu au plan militaire, avec l'envoi de seulement 200 soldats supplémentaires au Liban, très en deçà des attentes de l'Onu. Un premier contingent de 50 soldats français est arrivé sur place samedi, et les 150 autres sont attendus au Liban cette semaine. Le secrétaire général adjoint des Nations unies, Jean-Marie Guéhenno, attend que Paris "donne le signal d'une contribution significative."
L'Onu promet de préciser rapidement les règles d'engagement
Mais Paris attend des garanties de sécurité pour ses soldats et des engagements de ses partenaires. "Nous appelons à une solidarité européenne", a expliqué dimanche Philippe Douste-Blazy, se demandant combien d'hommes ses partenaires "sont prêts à mettre sur le terrain". Paris fait valoir que 1700 militaires français de l'opération Baliste, qui a assuré le rapatriement des Français du Liban, poursuivent leur mission de "soutien logistique à la Finul". Ces soldats "ne travaillent pas sous Casque bleu, mais ils travaillent pour les Casques bleus", explique un conseiller du ministère de la Défense.
Philippe Douste-Blazy a aussi réaffirmé que la France ne peut s'engager plus avant sans "garanties" des Nations unies. En particulier, "à qui doit rapporter le commandement de la Finul ? Quelle est la liberté de réaction de cette force ?", et quels seront ses moyens "pour garantir sa sécurité" ? "Si l'Onu veut être crédible, il faut des règles précises : peut-on, par exemple, se faire arrêter, humilier par n'importe quel milicien ?", explique une source française proche du dossier. Une prudence nourrie par les développements sur le terrain : Israël a ainsi mené samedi au Liban une opération commando contre le Hezbollah, une semaine après la trêve.
Dimanche, un émissaire des Nations unies a assuré que les règles d'engagement de la Finul renforcée seront finalisées dans les prochains jours. Ce qui pourrait encourager les gouvernements à accroître leurs contributions... Israël souhaite pour sa part que l'Italie joue un "rôle primordial" au sein de la Force multinationale et ne veut pas de contingents de pays n'ayant pas de relations diplomatiques avec l'Etat hébreu, a affirmé Ehud Olmert.
Photo d'ouverture : Débarquement au Liban de 50 soldats français devant participer à la Finul renforcée - DR
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