
La municipalité de Padoue, située au Nord de l'Italie, a érigé un mur d'acier de 84m de long et 3m de haut afin d'isoler et de mieux contrôler, selon elle, un quartier sensible où la police peine à enrayer le trafic de drogue. Une polémique au sein de la classe politique locale a immédiatement éclaté.
"C'est une clôture, pas un mur. C'était une nécessité, réclamée par les habitants des immeubles voisins, pour faire obstacle au trafic de drogue", s'est défendu le maire de Padoue, Favio Zanonato, élu de gauche, dans un entretien publié jeudi par le quotidien La Repubblica.
Construit en quelques heures, le mur, qui isole six immeubles abritant quelque 1.500 personnes, pour leur majorité immigrées, est constitué d'une succession de plaques d'acier. La zone est considérée comme sensible car elle est le lieu depuis des années d'un important trafic de drogue.
"Un mur pour séparer le bien du mal"
Le maire de la ville de 210.000 habitants a assuré que cette séparation allait faciliter les contrôles des policiers et empêcher que les trafiquants de drogue s'enfuient trop facilement. "C'est temporaire. Les clients vont arrêter de venir et les dealers seront aussi obligés de s'en aller. Cette affaire sera résolue d'ici une année", a-t-il ajouté.
La droite dénonce unanimement le caractère extrême de la mesure. Giancarlo Galan, le gouverneur de la région Veneto, a ainsi comparé "le mur de Padoue" au "mur de Berlin": "la gauche est tellement arrogante qu'elle se paie le luxe politique et l'éthique de construire un mur pour séparer le bien du mal", a indiqué ce membre de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, cité par le Corriere della Sera. Pour un autre représentant local de Forza Italia, Remo Sernagiotto, Padoue est devenue "la Beyrouth de l'occident" et le mur est "le symbole de la capitulation devant la drogue".
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