Un mur en acier pour lutter contre la drogue

le 10 août 2006 à 17h47 , mis à jour le 12 août 2006 à 15h20

La ville de Padoue, au Nord de l'Italie, a érigé un mur d'acier pour isoler et mieux contrôler un quartier sensible, où la police a du mal à enrayer le trafic de drogue.

Drapeau italie

La municipalité de Padoue, située au Nord de l'Italie, a érigé un mur d'acier de 84m de long et 3m de haut afin d'isoler et de mieux contrôler, selon elle, un quartier sensible où la police peine à enrayer le trafic de drogue. Une polémique au sein de la classe politique locale a immédiatement éclaté.

"C'est une clôture, pas un mur. C'était une nécessité, réclamée par les habitants des immeubles voisins, pour faire obstacle au trafic de drogue", s'est défendu le maire de Padoue, Favio Zanonato, élu de gauche, dans un entretien publié jeudi par le quotidien La Repubblica.

Construit en quelques heures, le mur, qui isole six immeubles abritant quelque 1.500 personnes, pour leur majorité immigrées, est constitué d'une succession de plaques d'acier. La zone est considérée comme sensible car elle est le lieu depuis des années d'un important trafic de drogue.

"Un mur pour séparer le bien du mal"

Le maire de la ville de 210.000 habitants a assuré que cette séparation allait faciliter les contrôles des policiers et empêcher que les trafiquants de drogue s'enfuient trop facilement. "C'est temporaire. Les clients vont arrêter de venir et les dealers seront aussi obligés de s'en aller. Cette affaire sera résolue d'ici une année", a-t-il ajouté.

La droite dénonce unanimement le caractère extrême de la mesure. Giancarlo Galan, le gouverneur de la région Veneto, a ainsi comparé "le mur de Padoue" au "mur de Berlin": "la gauche est tellement arrogante qu'elle se paie le luxe politique et l'éthique de construire un mur pour séparer le bien du mal", a indiqué ce membre de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, cité par le Corriere della Sera. Pour un autre représentant local de Forza Italia, Remo Sernagiotto, Padoue est devenue "la Beyrouth de l'occident" et le mur est "le symbole de la capitulation devant la drogue".

le 10 août 2006 à 17:47
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5 Commentaires

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  • Antoine, le 11/08/2006 à 08h56

    Voilà le résultat d'un immobilisme total.....

  • J-Yves, le 11/08/2006 à 01h10

    Et l'abandon des frontieres ? La caputilation devant l'immigration clandestine ? Alors, pourquoi renforcer les frontieres ? Tous les moyens sont bons pour lutter contre le crime quand la societe ne permet pus de punir les criminels, vu qu'aujourd'hui, eux aussi on des droits. On voit bien que ceux qui critiquent ne vivent pas ce quotidien... Faut sortir le dimanche, puis, ouvrir ses yeux.

  • Dan, le 11/08/2006 à 00h20

    Et les jeunes vivant dans les cités françaises se plaignent ! Avez-vous vu les cités italiennes ? On n'a même pas osé en construire de pareilles en France.

  • Pascal, le 10/08/2006 à 19h39

    Cette municipalité a raison; tous les moyens doivent etre utilisés contre les traficants et les criminels. Mieux vaut un mur qu'un adolescent drogué de plus.

  • Pierre, le 10/08/2006 à 19h25

    C'est bizarre, cette histoire me rappelle le scénario de "Banlieue 13" de Luc Besson... C'est un constat navrant de notre société, on isole des personnes pour les appauvrir, pour s'en sortir elles n'ont d'autres choix que la violence et l'illégalité... Ensuite on ouvre des prisons (qui manquent tellement en Italie qu'ils les font à ciel ouvert)... La seule chose que je souhaite est que cette folie s'arrête là, nous ne DEVONS PAS accepter ces "camps de concentration" modernes (avec leurs lots de guillemets). Merci de votre attention.

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