
Quelques heures après le vote à l'unanimité de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, intervenu vendredi soir, le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a déclaré samedi que cet accord était "dans l'intérêt du Liban".
La résolution répond à ses demandes essentielles. Le Liban, soutenu par les pays arabes, réclamait en particulier le départ immédiat de l'armée israélienne du Liban-Sud. Le gouvernement libanais doit maintenant se réunir pour entérinner le texte. "Si cette résolution prouve quelque chose, c'est que le monde entier a soutenu le Liban", a-t-il ajouté.
Pour sa part, le Hezbollah "ne fera pas obstacle" à l'approbation de la résolution 1701 de l'Onu par le gouvernement libanais, même si ce texte est "injuste", a déclaré samedi le chef du mouvement, Hassan Nasrallah. "Nous nous sommes engagés à la cessation de tout acte d'hostilité une fois qu'un accord aura été négocié par le Secrétaire général des Nations unies Kofi Annan en coordination avec le Liban et Israël", a par ailleurs déclaré le chef du Hezbollah, sur l'antenne de la télévision du mouvement, Al Manar. "La guerre n'est pas encore terminée", a cependant averti le chef de la milice chiite. "Nous poursuivrons la résistance tant que l'ennemi poursuivra son agression".
Céssation des hostilités, deploiement de la Finul
La résolution votée à New York appelle le Hezbollah à cesser immédiatement toutes ses attaques, et Israël à cesser immédiatement toutes ses opérations militaires. Le texte prévoit que le Liban et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dont les effectifs passeront de 2.000 actuellement à 15.000 hommes, déploient leurs forces ensemble à travers le sud du Liban, et qu'Israël retire parallèlement ses forces du Liban sud.
Alors même qu'Israël avait annoncé vendredi l'élargissement imminent de son offensive terrestre au Liban-Sud, en affirmant que "l'option diplomatique avait échoué", le Premier ministre israélien Ehud Olmert a finalement donné son accord dans la soirée au projet de résolution. Selon des hauts responsables cités par la radio israélienne, le texte a été modifié in extremis pour prendre en compte certaines des exigences d'Israël, qui avait demandé le déploiement au Liban-Sud d'une force internationale "musclée", capable de contenir la milice chiite du Hezbollah.
Samedi matin, le numéro deux du gouvernement israélien, Shimon Peres, a affirmé que son pays avait obtenu satisfaction sur presque toute la ligne après le vote de la résolution. "C'est sans précédent", a-t-il déclaré.
Bush reproche à l'Iran et à la Syrie "une guerre non-désirée
Le président américain George Bush a salué samedi l'adoption de cette résolution, tout en reprochant au Hezbollah, à l'Iran et à la Syrie d'avoir commencé "une guerre non-désirée" dans la région.
La résolution mise au point par la France et les Etats-Unis a été adoptée à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité après un mois d'escalade militaire et de bombardements incessants d'Israël sur le Liban, qui ont infligé d'énormes destructions, fait plus de 1.100 morts dans ce pays et déplacé plus de 900.000 personnes, le quart de sa population.
Chirac et Siniora "saluent le travail accompli" |
Jacques Chirac et Fouad Siniora "ont salué le travail accompli pour l'aboutissement des négociations qui ont permis l'adoption de la résolution 1701. Celle-ci va permettre la cessation complète des hostilités et la restauration complète de la souveraineté du Liban", selon un communiqué de l'Elysée. Les deux dirigeants ont également eu "un échange de vue sur les éléments de l'application de la résolution", le Premier ministre libanais ayant souligné que son cabinet devait, avant toute discussion sur la composition d'une force d'interposition, approuver cette résolution, adoptée vendredi par le conseil de sécurité de l'ONU.
D'après AFP
Image LCI. Vote du Conseil de sécurité de l'ONU, vendredi dans la nuit.
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