Sri Lanka : ACF va "réexaminer" sa présence

le 07 août 2006 à 11h03 , mis à jour le 07 août 2006 à 20h07

L'organisation française Action contre la faim a annoncé lundi qu'elle allait "réexaminer" sa présence au Sri Lanka après la mort de 16 de ses employés dans le nord-est du pays en proie aux combats entre rebelles tamouls et armée. Le précédent bilan faisant état de 15 tués. ACF a récupéré les corps lundi et va demander une enquête.

Tf1 / LCI Sri Lanka Muttuy

Quelques heures après la macabre découverte des corps abattus d'un groupe d'humanitaires locaux d'Action contre la faim (ACF) dans le nord-est du Sri Lanka, l'organisation non gouvernementale française a annoncé lundi qu'elle allait "réexaminer" sa présence dans le pays. Le Sri Lanka est actuellement en proie à des violents combats entre l'armée et les rebelles tamouls.

Dimanche ACF avait annoncé la mort de 15 membres de son équipe local de Muttur. L'organisation a en fait retrouvé lundi 16 corps et les a récupérés. "Les corps sont transportés par route vers la ville de Trincomalee où nous avons un sous-bureau régional", a dit un porte-parole de l'ONG basée à Paris. Les corps seront transportés mardi à l'hôpital pour autopsie.

A Paris le directeur général d'ACF Benoît Miribel a déclaré dimanche que la priorité de l'ONG était, après avoir récupéré les corps, de "déclencher une enquête pour connaître les responsables de ce massacre. Nous avons tenté de voir ce qui se passait dans cette zone mais les militaires ont empêché une de nos équipes d'y entrer". Bruxelles a également réclamé une enquête lundi.

Un salarié et deux autres ouvriers sri-lankais travaillant pour l'association Architectes de l'urgence ont été tués la semaine dernière lors des combats à Muttur, a annoncé l'ONG qui siège à Amiens.

220 employés, 18 expatriés

"Pour l'instant on ne quitte pas la zone", a ajouté le responsable, qui devait lui-même se rendre lundi à l'ambassade du Sri Lanka à Paris pour que les autorités sri-lankaises ouvrent l'accès à Muttur. Selon le siège d'ACF à Paris, l'organisation compte 220 employés sri-lankais et 18 expatriés, dont une quinzaine sont actuellement déployés dans le port de Trincomalee, situé à une dizaine de kilomètres de Muttur.

Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont accusé les forces gouvernementales d'avoir tué les employés d'ACF. L'armée sri-lankaise a réfuté ces  accusations. "Nous n'avions pas d'hommes dans la zone au moment où ils sont supposés  avoir été tués", a déclaré un porte-parole de l'armée. "Leur  bureau ne se trouve pas dans la zone où nous avons mené des attaques à  l'artillerie", a-t-il ajouté. Le gouvernement a annoncé qu'il allait ordonner une enquête "indépendante".

425 tués depuis le début des combats

L'armée a de son côté accusé les rebelles d'avoir massacré plus de 100 civils à Muttur. Rebelles et militaires s'affrontent depuis le 26 juillet dans cette région pour le contrôle d'un canal d'irrigation situé non loin de Muttur, en dépit d'une trêve conclue en 2002. Au moins 425 ont été tuées depuis le début de ces combats.

Avec un budget annuel de 2,6 millions d'euros, ACF fournit de l'eau potable aux zones côtières touchées par le tsunami de décembre 2004 et de l'assistance aux milliers de personnes déplacées par le conflit qui a fait plus de 60.000 morts depuis 1972.

D'après AFP

Photo : une des victimes à Muttur


le 07 août 2006 à 11:03
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3 Commentaires

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  • J-Yves, le 07/08/2006 à 21h11

    Je me demande comment peut-on encore avoir des idealistes comme ca ? Dans les guerres, il y a toujours des dommages collateraux. Les volontaires le savent et partent quand meme. Puis, ils s'etonnet, comme ceux qui les envoient que la guerre les rattrape. L'homme est un loup pour l'homme. Un bon sentiment n'y changera rien car chasser le tatuerl, il revient au galop.

  • Dupont, le 07/08/2006 à 18h47

    C'est courage fuyons ! Ces organisations savent bien, que les endroits où les gens on besoin d'elles sont dangereux. Ceux qui s'y engagent, doivent le savoir et prendre les précautions ad hoc, et plus encore les dirigeants.

  • Flori, le 07/08/2006 à 14h57

    Je ne comprends pas qu'on puisse assassiner des hommes et des femmes pour la paix en offrant le pain quotidien par chacun d'entre-eux ayant la vocation de donner ce qui est le plus humanitaire de s'entraider.Dommage que ACF soit malvenue chez eux.

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