
Quelques heures après la macabre découverte des corps abattus d'un groupe d'humanitaires locaux d'Action contre la faim (ACF) dans le nord-est du Sri Lanka, l'organisation non gouvernementale française a annoncé lundi qu'elle allait "réexaminer" sa présence dans le pays. Le Sri Lanka est actuellement en proie à des violents combats entre l'armée et les rebelles tamouls.
Dimanche ACF avait annoncé la mort de 15 membres de son équipe local de Muttur. L'organisation a en fait retrouvé lundi 16 corps et les a récupérés. "Les corps sont transportés par route vers la ville de Trincomalee où nous avons un sous-bureau régional", a dit un porte-parole de l'ONG basée à Paris. Les corps seront transportés mardi à l'hôpital pour autopsie.
A Paris le directeur général d'ACF Benoît Miribel a déclaré dimanche que la priorité de l'ONG était, après avoir récupéré les corps, de "déclencher une enquête pour connaître les responsables de ce massacre. Nous avons tenté de voir ce qui se passait dans cette zone mais les militaires ont empêché une de nos équipes d'y entrer". Bruxelles a également réclamé une enquête lundi.
Un salarié et deux autres ouvriers sri-lankais travaillant pour l'association Architectes de l'urgence ont été tués la semaine dernière lors des combats à Muttur, a annoncé l'ONG qui siège à Amiens.
220 employés, 18 expatriés
"Pour l'instant on ne quitte pas la zone", a ajouté le responsable, qui devait lui-même se rendre lundi à l'ambassade du Sri Lanka à Paris pour que les autorités sri-lankaises ouvrent l'accès à Muttur. Selon le siège d'ACF à Paris, l'organisation compte 220 employés sri-lankais et 18 expatriés, dont une quinzaine sont actuellement déployés dans le port de Trincomalee, situé à une dizaine de kilomètres de Muttur.
Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont accusé les forces gouvernementales d'avoir tué les employés d'ACF. L'armée sri-lankaise a réfuté ces accusations. "Nous n'avions pas d'hommes dans la zone au moment où ils sont supposés avoir été tués", a déclaré un porte-parole de l'armée. "Leur bureau ne se trouve pas dans la zone où nous avons mené des attaques à l'artillerie", a-t-il ajouté. Le gouvernement a annoncé qu'il allait ordonner une enquête "indépendante".
425 tués depuis le début des combats
L'armée a de son côté accusé les rebelles d'avoir massacré plus de 100 civils à Muttur. Rebelles et militaires s'affrontent depuis le 26 juillet dans cette région pour le contrôle d'un canal d'irrigation situé non loin de Muttur, en dépit d'une trêve conclue en 2002. Au moins 425 ont été tuées depuis le début de ces combats.
Avec un budget annuel de 2,6 millions d'euros, ACF fournit de l'eau potable aux zones côtières touchées par le tsunami de décembre 2004 et de l'assistance aux milliers de personnes déplacées par le conflit qui a fait plus de 60.000 morts depuis 1972.
D'après AFP
Photo : une des victimes à Muttur
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