
Le 6 août dernier, 17 collaborateurs sri-lankais d'Action contre la Faim étaient retrouvés morts, gisant face contre terre, abattus par balle, au camp de base de l'organisation à Muttur, dans le Nord-Est du pays (cliquez ici pour lire notre article). Malgré le cessez-le-feu en vigueur, la région était alors en proie à de violents combats entre l'armée et la rébellion des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).
Ces employés, qui portaient tous le t-shirt de l'ONG, étaient essentiellement ingénieurs en eau et assainissement, ingénieurs ou spécialistes en agronomie, gestionnaires de projets.
"Discussions confidentielles"
Après l'autopsie des corps, la date du massacre a été établie au 4 août. Très rapidement, les deux camps s'en sont renvoyé la responsabilité : l'armée accusait les Tamouls, qui eux-même affirmaient que les militaires progouvernementaux avaient perpétré les meurtres.
Après enquête, la Mission de contrôle de la trêve au Sri Lanka (SLMM) accuse donc l'armée. Il s'agit d'une "grave violation de l'accord de cessez-le-feu par les forces de sécurité au Sri Lanka", dit le communiqué publié par les observateurs ce mercredi -cette trêve, conclue en 2002, a de fait pris fin le mois dernier avec la reprise des combats. "Le chef de la SLMM Ulf Henricsson a eu des discussions confidentielles avec des sources extrêmement fiables. Prenant en considération le fait que les forces de sécurité étaient présentes à Muttur au moment de l'incident, il semble très improbable de devoir attribuer le meurtre à d'autres groupes", ajoute le texte.
"Scandaleux" pour Colombo
Sans surprise, le gouvernement sri-lankais rejette le rapport de la SLMM. Faisant valoir qu'il a été émis "avant la conclusion de l'enquête de police et des examens des médecins légistes", il le juge "scandaleux et irresponsable".
De son côté, Action contre la Faim, qui a limité ses actions dans le pays, prend "acte de cette première déclaration du SLMM". L'organisation "souhaite que toute la lumière soit faire sur les circonstances et les responsabilités du massacre de Muttur. Dans ce cadre, l'implication de la SLMM et du Groupe de Toyko (USA, UE, Japon, Norvège), sont de nature à permettre l'aboutissement de l'enquête officielle en cours menée par le gouvernement", ajoute ACF.
(photo d'archives : l'une des victimes)
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