© INTERNEL'incident a eu lieu la semaine dernière à Karaburun, une station balnéaire située près d'Izmir. Une jeune femme turque était installée sur la plage, en bikini. Dans un premier temps, elle avait demandé à des femmes portant le tchador ne pas souiller le sable avec les langes sales de leurs bébés. Dans un second temps, elle a été traitée de "prostituée" puis a été frappée par les hommes qui accompagnaient les femmes.
L'agression aurait pu passer inaperçue. Mais la victime est la fille d'un journaliste du quotidien à gros tirage Hürriyet. Le journal a donc traité le sujet, en expliquant qu'il s'agissait d'une nouvelle atteinte aux principes laïques de la République turque. Depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du parti islamiste de la Justice et du Développement (AKP), la puissante hiérarchie pro-laïque, dont l'armée, ne cesse de déplorer une islamisation galopante de la société.
Plages séparées
Des hôtels de luxe ont ainsi fait leur apparition ces dernières années sur les côtes turques, imposant de strictes règles islamiques et offrant à leurs clients des piscines et plages séparées pour hommes et femmes. La vente des "hasema", des maillots de bain qui recouvrent les femmes voilées de la tête aux pieds et auxquels s'ajoutent une capuche, va également bon train.
"Les partisans de l'AKP ne doivent pas agir avec la mentalité de ceux qui se croient tout permis parce que leur parti est au pouvoir", affirme Hürriyet, qui évoque une "impertinence sociale" des cercles ultra-musulmans. Ce comportement pourrait, selon le journal, provoquer un "sentiment de revanche" au sein de l'establishment pro-laïque pour lequel le port du voile est un défi aux principes d'Atatürk et constitue un signe ostensible d'appartenance à l'islam politique.
D'autres incidents
Le secteur touristique est également inquiet. L'association des investisseurs du tourisme souligne que l'incident allait nuire à un marché qui a rapporté 14,1 milliards d'euros au pays en 2005. Les journaux ont d'ailleurs rapporté d'autre incidents sur les plages impliquant les islamistes. Les Rufai, une secte orthodoxe, ont installé un camping sauvage à Sile près d'Istanbul, empêchant pendant deux long mois les vacanciers de se promener sur une portion de la plage publique en raison de la présence des femmes du groupe. Les tentes du complexe ont été démontées mercredi soir à la suite de plaintes, ajoute le journal.
Et enfin, dernier épisode en date, un danseur du ballet d'Ankara a été agressé par des islamistes dans une crique de Seferihisar, car il avait osé se baigner alors que des femmes voilées se détendaient dans les environs.
D'après AFP
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