Ukraine : Le grand retour du leader pro-russe

Par A.B. (avec AFP), le 03 août 2006 à 08h24 , mis à jour le 03 août 2006 à 09h15

Fin de la crise politique qui dure depuis quatre mois en Ukraine, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, a accepté dans la nuit de mercredi à jeudi la nomination de son ennemi pro-russe Viktor Ianoukovitch au poste de Premier ministre, soit quelques heures à peine après l'expiration du délai imparti.

Ianoukovitch Viktor Premier ministre Ukraine candidat présidence (LCI) © LCI

Spectaculaire retour en force pour le pro-russe Viktor Ianoukovitch, qui doit redevenir Premier ministre de l'Ukraine, après son humiliante défaite de la Révolution orange qui semblait avoir ruiné son avenir politique. Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a fini par se résoudre à cette nomination, après quatre mois de crise politique. Il a toutefois assuré que le cap pro-occidental de l'Ukraine serait maintenu, et surtout l'adhésion à l'OTAN.

  • Ukraine : duel Ianoukovitch/ Timochenko au 2e tour

    L'opposant pro-russe Viktor Ianoukovitch est crédité de près de 35% des voix au premier tour dimanche de la présidentielle. Il affrontera le Premier ministre Ioulia Timochenko au deuxième tour le 7 février.

    Publié le 17/01/2010 Ukraine : duel Ianoukovitch/ Timochenko au 2e tour
Plus d'infos

M. Iouchtchenko a annoncé sa décision à l'issue de négociations de dernière minute avec la coalition pro-russe, alors que le délai pour la désignation du Premier ministre était expiré depuis deux heures et que la dissolution du Parlement semblait devenue inévitable

Un homme trop proche de Moscou

Si la candidature de Viktor Ianoukovitch devrait obtenir sans difficulté l'approbation finale du Parlement, elle n'a cependant pas été une décision facile pour le Président, qui juge l'homme trop proche de Moscou. Les deux hommes ont un lourd passif : ils s'étaient notamment affrontés lors de la présidentielle de novembre 2004. Moins d'un an et demi plus tard, l'homme a renversé la donne, en bénéficiant au passage d'une certaine désillusion envers le pouvoir orange pro-occidental.

Fin d'une grave crise politique

Pour l'hebdomadaire ukrainien Korrespondent, cette nomination est une chance d'"unir le pays" dont la fracture entre pro-occidentaux et pro-russes ne s'est pas réduite après la Révolution orange. L'Ukraine était en proie à une grave crise politique depuis les législatives du 26 mars, où aucun parti n'avait décroché la majorité. Après l'échec des pro-occidentaux à s'unir, les pro-russes ont fini par former une majorité début juillet et réclamaient la nomination de M. Ianoukovitch à la tête du gouvernement.

Par A.B. (avec AFP) le 03 août 2006 à 08:24
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Gneu, le 03/08/2006 à 11h17

    Vive le communisme! vive tchernobyl! vive les russes! un pas en arriere vers la democratie, c'est tout a fait normal...

  • Sebastien, le 03/08/2006 à 10h59

    Laurent, ta position antimaricaniste et anti occodentaliste primaire me semble un peu deformee par des consideration ideologiques. Si l europe est surement coupable d'indifference vis a vis de l ukraine, je n'ai jamais releve de mepris. Le mepris par rapport a la nation ukrainiene est par contre palpable cote russe. Ou la propagande et le terrorisme economique qui regnent ne me paraissent pas relever du plus grand des respects.

  • Laurent, le 03/08/2006 à 10h22

    Dans un pays comme l'Ukraine où la moitié du pays est russophone et même russe par définition, et où la partie orientale la plus industrialisée et faisant tourner le pays, il semble logique que les russophones aient le droit à la parole, et puissent s'opposer aux pro-USA et autres atlantistes libéraux genre Timoshenko. Et quand on connait l'histoire de la Russie et de l'Ukraine, on se dit qu'il est logique que ce soit les russophones qui s'imposent; Kiev a toujours été le berceau de la nation russe. Bush doit s'arracher les cheveux, lui qui pensaient pouvoir acheter l'ukraine via cette "révolution orange" financée par la CIA; les pays de l'ex bloc soviétique vont vite se rendre compte qu'il vaut mieux ne pas vendre son ame à l'ogre US, et à implorer l'adhésion à une UE qui les méprise.

Lire tous les commentaires

      logAudience