Benoît XVI peine à calmer la colère

le 16 septembre 2006 à 13h42 , mis à jour le 16 septembre 2006 à 21h43

Le Secrétaire d'Etat du Vatican a déclaré samedi que le pape était "absolument désolé" que ses propos aient offensé les musulmans.

TF1/LCI Benoît XVI tient un discours sur l'islam, le 12 septembre en Allemagne.Benoît XVI tient un discours sur l'islam, le 12 septembre en Allemagne. © TF1/LCI

Le pape Benoît XVI est "absolument désolé que certains passages de son discours aient pu paraître offensants pour la sensibilité des croyants musulmans", a déclaré samedi le nouveau Secrétaire d'Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.

"Le Saint Père est absolument désolé (...) que certains passages de son discours aient été interprétés d'une manière qui ne correspond d'aucune façon à ses intentions", a commenté Mgr Bertone dans sa première déclaration officielle depuis sa nomination vendredi à la tête du gouvernement de l'église. "L'opinion du pape en faveur du dialogue interreligieux et interculturel est absolument sans équivoque", déclare-t-il.

"Pas une excuse"

Les propos de Benoît XVI sur l'islam et le djihad, posant la question du rapport entre religion et violence, mardi lors de son voyage en Allemagne, a provoqué une vague d'indignation dans le monde musulman qui réclame depuis des excuses du souverain pontife.

Le Conseil des musulmans de Grande-Bretagne, plus importante organisation musulmane du pays, a jugé comme un "premier pas" la mise au point du Vatican, tout en précisant : "Nous ne sommes pas certains que ce soit assez pour être considéré comme une excuse". Dalil Boubakeur, président démissionnaire du Conseil français du culte musulman (CFCM) et recteur de la Mosquée de Paris, a salué "avec optimisme" les propos du Vatican, estimant qu'ils répondaient à sa demande d'une "clarification". Un dirigeant des Frères musulmans égyptiens, Abdel Moneim Aboul Foutouh, a, lui, estimé que les propos de Mgr Bertone ne "constituent pas une excuse".

Sécurité renforcée

Par ailleurs, le roi Mohammed VI du Maroc, qui prône un islam tolérant, a rappelé samedi son ambassadeur au Vatican en consultation pour protester contre les propos jugés "offensants" de Benoît XVI. Le Maroc, qui mène une lutte soutenue contre l'extrémisme islamiste depuis les attentats de mai 2003 à Casablanca, est le premier Etat musulman à décider du rappel de son ambassadeur auprès du Saint-Siège.

Le dispositif de sécurité sera renforcé dimanche à Castel Gandolfo autour de la résidence d'été du pape, où ce dernier doit réciter l'angélus à la mi-journée.

D'après AFP

(Image TF1/LCI - Le pape lors de son discours, le 12 septembre)

le 16 septembre 2006 à 13:42
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