L'existence de "prisons secrètes" de la CIA, révélée l'an dernier par le Washington Post, a été admise pour la première fois mercredi par George W. Bush lors d'une allocution à la Maison Blanche. Après des mois de dénégation du gouvernement américain, cette reconnaissance officielle de la détention à l'étranger, sans aucune garantie juridique, de suspects de terrorisme, faisait l'ouverture des grands médias américains, notamment CNN et ABC News.
Les suspects ainsi détenus ont été pour les Etats-Unis, assure George W. Bush, la meilleure source d'information pour lutter contre de nouvelles attaques terroristes du genre de celle du 11 septembre 2001. Une mesure qui a permis, selon lui, "de sauver de nombreuses vies innocentes" - et pour le démontrer, le président américain a donné mercredi une liste des "attaques terroristes" ainsi évitées.
Pas de fermeture des "prisons secrètes" en vue
Justifiant ainsi ces centres de détention secrets, le président américain est allé plus loin en reconnaissant avoir lui-même autorisé leur création. Il a cependant refusé de révéler leur localisation. Même si, affirme-t-il, elles sont actuellement vides, avec le transfert de 14 de ces détenus secrets de la CIA sur la base de Guantanamo, c'est-à-dire sous le contrôle du département de la Défense. Ils devraient y être jugés par des tribunaux militaires. Parmi eux, Khalid Cheikh Mohamed, cerveau présumé des attentats du 11 septembre, et Ramzi Binalshibh, l'un des principaux dirigeants d'Al Qaïda.
Le président américain a cependant nié une nouvelle fois toute utilisation de la torture lors des interrogatoires des suspects. Et il a insisté sur le fait que les détenus transférés étaient sous la protection des conventions de Genève. Concernant l'avenir des prisons secrètes, "vitales" dans la lutte antiterroriste, il a par avance refusé d'envisager leur fermeture.
Photo d'ouverture : George W. Bush s'exprimant depuis la Maison Blanche - archives





