Habitants de Beslan rassemblés pour une minute de silence en hommage aux victimes de la prise d'otages. Derrière eux, les portraits des morts © DRC'est la seule image officiellement admise en Russie et retransmise par tous les médias russes, deux ans après la prise d'otages de Beslan : 332 ballons blancs, autant que de victimes tuées, ont été lâchés dimanche dans le ciel de cette petite ville du Caucase. Au même moment, depuis Moscou, Vladimir Poutine se faisait l'écho de la souffrance de la Russie unie dans le souvenir du drame : "Cette tragédie restera à jamais notre douleur commune", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie célébrée par le chef de l'Eglise orthodoxe russe Alexis II et retransmise à la télévision.
Mais à Beslan même, parmi les trois mille habitants qui s'étaient réunis autour des ruines de l'école numéro un pour une minute de silence à la mi-journée, à l'heure à laquelle avaient retenti le 3 septembre 2004 les explosions qui devaient conduire à l'assaut des forces de l'ordre, il n'était question que du rapport de Iouri Saveliev.
Manifestations dispersées
Ce député russe, membre de la commission d'enquête parlementaire, affirme notamment que les deux explosions ont été provoquées par "des tirs de grenades" depuis l'extérieur. "C'est ce que nous avons toujours su. Finalement, un spécialiste l'a montré scientifiquement. A Beslan on en parlait depuis longtemps, finalement quelqu'un l'a écrit", estimait dimanche un habitant de Beslan, qui a perdu son fils dans la prise d'otages. Mais ce rapport est passé quasi inaperçu à Moscou, où la télévision montrait le lâcher de ballons blancs, sans évoquer les controverses.
De même, la police a violemment dispersé à Moscou une manifestation de l'opposition russe qui réclamait des autorités "toute la vérité" sur la prise d'otages. Plusieurs manifestants qui voulaient déposer des fleurs devant la pierre des Solovki, mémorial aux victimes du stalinisme, ont été battus et traînés au sol par les troupes anti-émeutes et au moins dix ont été interpellés. Une autre manifestation d'opposition a été dispersée à Saint-Pétersbourg et trois manifestants ont été interpellés, a rapporté la radio Echo de Moscou. Comme à l'accoutumée, la télévision n'a rien dit de ces manifestations.
Photo d'ouverture : Habitants de Beslan rassemblés pour une minute de silence en hommage aux victimes de la prise d'otages. Derrière eux, les portraits des morts - DR
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