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L'intégralité de l'interview de Natascha


le 07 septembre 2006 à 22h16
Temps de lecture
3min
TF1-LCI - Natascha Kampusch lors de sa première apparition télé, le 6 septembre

Natascha Kampusch lors de sa première apparition télé, le 6 septembre / Crédits : TF1-LCI

MondeTF1 a diffusé jeudi soir l'intégralité de l'interview de la jeune fille. Le pédopsychiatre Marcel Rufo, interrogé par Patrick Poivre d'Arvor, analyse le récit de l'adolescente.


l'intégralité de l'interview de Natascha

Les images avaient été délivrées avec parcimonie. Jeudi soir, l'intégralité de l'interview de Natascha a été diffusée sur TF1. Natascha Kampusch, jolie jeune fille souriante de 18 ans, clignait encore un peu des yeux, peu habituée à la lumière après toutes ces années passées presque sans sortir de sa prison. Avant de se mettre à raconter : son retour à la vie, puis sa vie quotidienne de recluse, ses rêves - devant les milliers de spectateurs qui attendaient son témoignage.

L'entretien avait été réalisé le mardi, dans un lieu tenu secret, par un journaliste de la chaîne publique ORF, Christoph Feurstein, spécialiste de l'affaire depuis l'enlèvement de Natascha en 1998. Tout avait été fait pour protéger la jeune fille, soumise à une forte pression médiatique depuis sa réapparition après huit années de séquestration.

"Je voulais crier"

Que fait-elle depuis son retour à la liberté ? "J'essaie de récupérer, de me détendre..." Et Natascha d'évoquer ces gestes simples qu'elle redécouvre : manger une glace, prendre le métro... Car elle est sortie dans la rue, depuis qu'elle a retrouvé la liberté, et à son soulagement, personne ne l'a reconnue. Si elle parle ainsi facilement de cette réadaptation, décrire sa captivité, où elle s'est retrouvée "comme un poulet en batterie", reste difficile : elle en parle avec peine, elle essuie une larme.

Le plus pénible est encore le moment de son enlèvement, où elle a eu un mauvais pressentiment mais n'a finalement pas traversé la rue : "Je voulais crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche." Ou de ces moments pendant lesquels, autorisée par son ravisseur, qu'elle a "révé de décapiter", à quitter sa cellule, elle devait rester muette devant les inconnus qu'elle croisait, alors qu'elle aurait voulu appeler à l'aide. Mais son ravisseur l'avait prévenue : si elle tentait de fuir, il la tuerait, elle et ses proches. "Le pire, dit-elle, c'était la fin. Chaque geste devenait une souffrance..."

"Etre plus forte que lui"

Mais Natascha semble déjà reprendre le dessus. On est déjà loin de l'image de la jeune fille, peut-être victime du syndrome de Stockholm, qui disait pleurer la mort de celui qui l'avait séquestrée. Elle en parle désormais avec d'autres mots. Les entretiens qu'elle a eus avec des psychiatres se ressentent dans son discours : elle parle de la violence de son ravisseur, de sa paranoïa... "Il était fort, dit-elle. J'ai attendu d'être plus forte que lui." Plus forte pour pouvoir fuir, fuir sans être rattrapée - ce à quoi elle n'a jamais cessé de songer pendant ces huit années. Et aujourd'hui, elle peut rêver de nouveau. Elle s'imagine en actrice. Petite, sa mère lui avait dit un jour qu'elle serait sur les planches d'un théâtre de Vienne...

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  • Paul : Celà semble trop beau pour être vrai !?

    Le 08/09/2006 à 16h14
  • Trioullier : Je pense qu'elle devrait avoir un plus bel avenir il ne serait pas étonnant de voir bientot un livre plus un film sur sont long "calvaire"

    Le 08/09/2006 à 13h09
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