Natascha : "Comme un poulet en batterie"

le 06 septembre 2006 à 22h23 , mis à jour le 14 septembre 2006 à 15h27

L'intégralité de l'interview filmée de la jeune fille à la télévision autrichienne a été diffusée jeudi soir sur TF1.

TF1-LCI - Natascha Kampusch lors de sa première interview télévisée, le 6 septembreNatascha Kampusch lors de sa première interview télévisée, le 6 septembre

La vidéo de cette première
interview de Natascha

Elle est apparue mercredi soir pour la première fois devant les yeux des téléspectateurs autrichiens. Première question du journaliste : "ça va ?" Scène un peu surréaliste, Natascha Kampusch, jolie jeune fille souriante de 18 ans, clignait un peu des yeux, encore peu habituée à la lumière après toutes ces années passées presque sans sortir de sa prison. Avant de se mettre à raconter : son retour à la vie, puis sa vie quotidienne de recluse, ses rêves - devant les milliers de spectateurs qui attendaient son témoignage.

L'entretien avait été réalisé le mardi, dans un lieu tenu secret, par un journaliste de la chaîne publique ORF, Christoph Feurstein, spécialiste de l'affaire depuis l'enlèvement de Natascha  en 1998. Tout avait été fait pour protéger la jeune fille, soumise à une forte pression médiatique depuis sa réapparition après huit années de séquestration.

"Je voulais crier"

Que fait-elle depuis son retour à la liberté ? "J'essaie de récupérer, de me détendre..." Et Natascha d'évoquer ces gestes simples qu'elle redécouvre : manger une glace, prendre le métro... Car elle est sortie dans la rue, depuis qu'elle a retrouvé la liberté, et à son soulagement, personne ne l'a reconnue. Si elle parle ainsi facilement de cette réadaptation, décrire sa captivité, où elle s'est retrouvée "comme un poulet en batterie", reste difficile : elle en parle avec peine, elle essuie une larme.

Le plus pénible est encore le moment de son enlèvement, où elle a eu un mauvais pressentiment mais n'a finalement pas traversé la rue : "Je voulais crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche." Ou de ces moments pendant lesquels, autorisée par son ravisseur, qu'elle a "révé de décapiter", à quitter sa cellule, elle devait rester muette devant les inconnus qu'elle croisait, alors qu'elle aurait voulu appeler à l'aide. Mais son ravisseur l'avait prévenue : si elle tentait de fuir, il la tuerait, elle et ses proches. "Le pire, dit-elle, c'était la fin. Chaque geste devenait une souffrance..."

"Etre plus forte que lui"

Mais Natascha semble déjà reprendre le dessus. On est déjà loin de l'image de la jeune fille, peut-être victime du syndrome de Stockholm, qui disait pleurer la mort de celui qui l'avait séquestrée. Elle en parle désormais avec d'autres mots. Les entretiens qu'elle a eus avec des psychiatres se ressentent dans son discours : elle parle de la violence de son ravisseur, de sa paranoïa... "Il était fort, dit-elle. J'ai attendu d'être plus forte que lui." Plus forte pour pouvoir fuir, fuir sans être rattrapée - ce à quoi elle n'a jamais cessé de songer pendant ces huit années. Et aujourd'hui, elle peut rêver de nouveau. Elle s'imagine en actrice. Petite, sa mère lui avait dit un jour qu'elle serait sur les planches d'un théâtre de Vienne...

le 06 septembre 2006 à 22:23
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19 Commentaires

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  • Lyonnaise, le 07/09/2006 à 16h12

    Quelle courage quelle volonté exemplaire, l'enfermement a dû être une dure épreuve car même si il y a eut par la suite une connivence ( ce qu elle a du faire pour pouvoir s en sortir ensuite) elle allait tous les jours dans sa géole et lui il refermait la lourde porte derrière elle...qu elle calvaire et souffrance morale et physique. allez NATASCHA courage tu es sauvée maintenant.

  • Manu, le 07/09/2006 à 14h07

    Messieurs les journalistes. Ca suffit, foutez lui la paix la pauvre. Comme si ca n a pas du etre assez dure, laissez la tranquille. Si vous croyez qu elle a besoin de sa photo dans tous les journaux televisés ou papier... Elle a besoin d une vie normale.

  • Cacoca, le 07/09/2006 à 13h31

    Tout le bonheur du monde à cette adorable jeune fille.

  • PH, le 07/09/2006 à 13h30

    Vivre envase clos avec un paranoïque pervers profond altère profondément le comportement ; il faudra du temps à Natasha pour retrouver son équilibre et se reconstituer pleinement : elle a du s'adapter en permanence et "entrer dans le jeu" pour survivre .. Quelle calvaire.

  • ELLA, le 07/09/2006 à 13h25

    Sincèrement , 8ans après sa disparution ,c'est grace à dieu q'elle a pu retrouver ses parent.Je demande a ses parents de remercier le bon dieu qui la donner le courage de sortir dans son prison.

  • Helene, le 07/09/2006 à 13h24

    Triste histoire bien entendu que cette captivité de 8 ans...mais tous les prisonniers vivent la même chose sans émouvoir le bon peuple...

  • Kasoud, le 07/09/2006 à 13h17

    N'y aurait-il pas eu une certaine connivence entre les deux personnages après un certain temps de captivité. 8 ans c'est quand même énorme. Je pense sincèrement que des liens affectifs positifs ont été crées, et que cette fuite ressemble plutôt à une dispute conjugale ou un certain ras le bol de la routine comme l'on peut ressentir dans ,n'importe quel couple. c'est un couple que se défait tout simplement. evidemment à la base cela reste un kidnapping qui s'est transformé en union

  • Le Ny, le 07/09/2006 à 12h34

    Souhaitons lui bonne chance pour toutes les années d'école qu'elle va devoir rattraper !!!!!

  • Paul, le 07/09/2006 à 11h57

    Difficile de croire en des personnes qui n'ont pas pu la protéger d'une telle souffrance. Et pourtant, il faut qu'elle se rende compte que le monde n'est pas si pourri que cela et qu'il y a de très belle choses à vivre. Ses parents ont aussi un travail à faire pour le comprendre, mais je leur souhaite de se retrouver et de renouer avec le bonheur d'une famille unie. Bravo à elle d'avoir réussi à se sauver et tout plein de courage pour retrouver le sourire qui lui va si bien !

  • Loréna, le 07/09/2006 à 11h48

    Profite de la vie et essaie d'oublier; ce conte de fées n'arrive pas à tout le monde; je suis heureuse pour tes parents, il ont dû beaucoup souffrir.

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