Natascha Kampusch, première photo publiée depuis la libération de la jeune fille par l'hebdomadaire News © DRRendez-vous : vous pourrez retrouver un extrait de cette interview jeudi matin sur LCI.fr
Mercredi soir, Natascha Kampusch devait s'exprimer pour la première fois à visage découvert à la télévision autrichienne depuis son évasion le 23 août. L'entretien, enregistré mardi dans un lieu secret par la chaîne publique ORF, a été mené par un journaliste de la chaîne, Christoph Feurstein, spécialiste de l'affaire depuis l'enlèvement en 1998 et qui garde de bons contacts avec les parents de la jeune femme. Il avait ainsi obtenu la seule interview télévisée de la mère, Brigitta Serny, le 23 août au soir. Un débat avec les parents de Natascha et deux de ses conseillers, un psychiatre et une spécialiste de l'enfance, devait suivre dans la foulée.
Mais avant même la diffusion de cet entretien, l'hebdomadaire News avait déjà publié la première interview de Natascha, en révélant son visage en couverture. A l'intérieur, les autres clichés montraient une jeune femme à l'allure réfléchie et assurée, souriant plusieurs fois. Pris à l'hôpital central de Vienne où elle est traitée, Natascha y apparaissait avec un fichu indien mauve surmontant des cheveux chatain clair, les yeux bleus levés en l'air, le visage rond.
"Obsédée par la fuite"
Concernant ses huit ans de captivité, elle souligne au cours de cet entretien avoir été "obsédée par la fuite". "J'ai toujours songé au moment où le temps serait mûr" pour fuir, mais "je ne pouvais rien risquer", assure au magazine la jeune fille, aujourd'hui âgée de 18 ans. "Une fois, en auto, j'ai voulu détacher ma ceinture pour sauter du véhicule, mais il m'a retenue", raconte-t-elle. A propos de son ravisseur, qui s'est suicidé le soir même de son évasion, elle déclare : "Il était paranoïaque. J'ai eu de mauvaises pensées aussi. Parfois j'ai rêvé de le décapiter si j'avais eu une hache".
Parlant de son enlèvement en 1998, sur le chemin de l'école et de sa séquestration dans une cave aménagée sous une maison au nord de Vienne, elle déclare : "j'étais toujours persuadée qu'on ne me retrouverait plus jamais". Elle indique, avec un vocabulaire et une grammaire remarquables, qu'elle a souffrert de claustrophobie, mais a été très souvent à l'étage dans la maison de son ravisseur à Strasshof. Ce qui lui a le plus manqué en dehors de ses grands-parents, ce sont ses chats, mais elle aimerait faire une croisière avec ses parents et visiter Londres et New York. Ses projets d'avenir ? Elle aimerait étudier la psychologie, le journalisme ou le droit : "J'ai deux projets : l'un pour des femmes au Mexique, enlevées, torturées et violées, et un autre pour les gens qui ont faim en Afrique".
(photo : Natascha Kampusch, première photo publiée depuis la libération de la jeune fille par l'hebdomadaire News - capture écran du site du journal)
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