Diyarbakir, sud-est de la Turquie : le lieu de l'explosion © DRSelon le dernier bilan, dix personnes, dont sept enfants, ont été tuées et une vingtaine d'autres blessées mardi par un attentat à la bombe dans la ville à majorité kurde de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. Le maire de la ville a dénoncé une "provocation" visant la paix et appelé ses concitoyens au "bon sens" tandis que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan s'est dit consterné.
Cet attentat, le plus meurtrier depuis le début de l'année, a été revendiqué mercredi sur un site internet au nom d'un groupuscule d'extrême-droite turc, qui se fait appeler Brigade turque de la vengeance (TIT). "Nous tuerons dix Kurdes à Diyarbakir pour chaque martyr turc tué par le PKK dans l'Ouest", indique le communiqué, accompagné de photographies d'un engin ressemblant à une bombe et comportant un talkie-walkie et une bonbonne de gaz. Des sources proches de la police ont cependant indiqué qu'elles ne prenaient pas au sérieux cette revendication : "Ils essaient seulement de diffuser leur propagande et de faire connaître leur nom".
Les séparatistes kurdes visés
L'engin a explosé mardi à 21 heures au niveau parc de Baglar, un district de Diyarbakir dont les jardins de thé attirent le soir de nombreux promeneurs. D'après des informations non confirmées, la bombe était placée à un arrêt d'autobus près du parc et la plupart des victimes attendaient à cet arrêt. La police a lancé une vaste opération de sécurité après l'explosion, contrôlant les entrées et les sorties de la ville.
Selon les premiers éléments de l'enquête, la bombe était dissimulée dans un thermos et aurait explosé prématurément pendant son transport. Le déclenchement était peut-être télécommandé à distance par le biais d'un portable. La cible était probablement un complexe abritant plusieurs unités de la police, situé à un peu plus d'un kilomètre du lieu de la déflagration.
Diyarbakir, principale ville du sud-est de la Turquie, est un foyer du séparatisme kurde. Ce nouvel attentat survient après une série d'attentats commis ces dernières semaines dans des stations balnéaires comme Antalya et Marmaris, ainsi que dans d'autres villes comme Istanbul. Ces attaques ont été revendiquées par un groupe kurde, les Faucons de libération du Kurdistan (Tak), lié au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).
Photo d'ouverture : Diyarbakir, sud-est de la Turquie : le lieu de l'explosion - DR
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