Fronde anti-Rumsfeld dans l'armée américaine

le 05 novembre 2006 à 10h29 , mis à jour le 05 novembre 2006 à 11h38

"Rumsfeld a perdu sa crédibilité" dans sa gestion de l'intervention en Irak, dénonce une tribune que doivent publier lundi quatre magazines militaires.

[Expiré] [Expiré] Donald Rumsfeld lors d'une conférence de presse au Pentagone © AFP / M. Ngan

La révolte est inédite par son ampleur et par sa forme. Selon la chaîne de télévision NBC News, quatre magazines à destination des publics militaires, Army Times, Air Force Times, Navy Times et Marine Corps Times, publieront lundi un éditorial ajoutant leurs voix à toutes celles ayant déjà réclamé la démission de Donald Rumsfeld. "Indépendamment du parti qui gagnera le 7 novembre, le moment est venu, Monsieur le président, d'affronter en face cette vérité douloureuse : Donald Rumsfeld doit partir", dit la tribune adressée à George W. Bush et déjà diffusée par la chaîne de télévision sur son site internet. "Rumsfeld a perdu sa crédibilité auprès du commandement en uniforme, auprès des soldats, auprès du Congrès et auprès de l'opinion publique en général".

Comme d'anciens généraux en vue par exemple, les quatre journaux tiennent l'impopulaire secrétaire à la Défense pour le principal responsable des erreurs passées en Irak (à commencer par l'insuffisance des effectifs déployés et le démantèlement de l'ancienne armée irakienne) et de la situation actuelle, qui a approché le "chaos" en octobre, selon une évaluation militaire confidentielle. Des critiques qui remontent par ricochet jusqu'à George W. Bush lui-même, puisqu'il a constamment exprimé un soutien indéfectible à son secrétaire à la Défense ainsi qu'à un autre néo-conservateur, autre artisan de la guerre, le vice-président Dick Cheney, l'autre homme le plus impopulaire dans l'administration.

Machine arrière toute chez les "faucons"

Mais le ton change également parmi les "faucons", jusqu'alors partisans inconditionnels d'une diplomatie agressive pour promouvoir les valeurs américaines, et qui ont pesé lourd dans la décision de partir en guerre en Irak. "Je crois que si j'avais été devin, si j'avais su où nous en serions aujourd'hui et si les gens avaient demandé : Devons-nous aller en Irak? , je crois aujourd'hui que j'aurais probablement dit : Non, envisageons d'autres stratégies", a ainsi déclaré Richard Perle, ancien haut conseiller au Pentagone et l'une des figures les plus illustres des néo-conservateurs, au magazine Vanity Fair.

Or Richard Perle n'est pas seul à avoir des doutes sur la guerre, tandis que la majorité des Américains pensent depuis des mois qu'elle ne valait pas son coût humain ni financier. George W. Bush, Donald Rumsfeld et d'autres "se sont révélés être parmi les équipes les plus incompétentes d'une période d'après-guerre", a ainsi jugé auprès de Vanity Fair un ancien collègue de Perle, Kenneth Adelman. "Non seulement chacun d'eux, pris individuellement, a d'énormes défauts, mais, mis ensemble, c'était la mort, le dysfonctionnement assurés".

D'après agence

le 05 novembre 2006 à 10:29
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