La "Une" du site du quotidien Le Temps, 17 novembre 2006 © TF1/LCI Suisse
Le Temps, le journal de référence, souligne que le succès de Ségolène Royal est un "coup de balai" contre l'élite traditionnelle et compare ce phénomène d'apparence "populiste" au 21 avril 2002 et au "Non" à la Constitution européenne. Son correspondant à Paris fait remarquer que "son aura, la mystique qu'elle entretient soigneusement autour de sa personne - voire son culte de Jeanne d'Arc - ont convaincu les militants socialistes" que la victoire présidentielle était possible.
Etats-Unis
Le Washington Post rappelle que Ségolène Royal est une "protégée de Mitterrand", qui a su exploiter son "glamour". Il explique qu'elle a conduit "une vague de dégoût populaire contre le statu-quo politique représenté par les hommes" et ajoute qu'elle a réussi à éviter les "débats profonds" et s'est contenté de capitaliser sur deux choses : le fait d'être une femme et d'être la seule dans les sondages à pouvoir battre la droite, et notamment Sarkozy.
Italie
"France : les socialistes choisissent la Royal", annonce La Stampa sur son site, faisant au passage un jeu de mot avec le prénom de la candidate socialiste : "I socialisti scelgono la Royal". "Elle est sortie indemne des confrontations -trois à la télé et trois en public- auxquelles elle a pratiquement été obligée de participer par ses deux rivaux plus experts qu'elle, surtout sur les questions internationales ; [confrontations] qui visaient à l'affaiblir", précise La Repubblica. L'un des reporters du quotidien, qui a suivi la députée des Deux-Sèvres dans son fief régional, dresse le portrait d'une "grande communicante" dont "les sourires et les attitudes (...) étaient présidentiels".
"La Royal triomphe", titre pour sa part le Corriere della Sera. "Ségolène versus Sarkozy. La belle contre le misogyne ?", demande une journaliste du Corriere tandis qu'un de ses collègues s'intéresse au sort de François Hollande, "futur prince consort".
Belgique
La presse francophone souligne le caractère "historique", voire "révolutionnaire" de la désignation de Ségolène Royal. Mais, selon Le Soir, en obtenant cette "onction massive", elle "hérite d'une responsabilité d'autant plus lourde. Celle de ne pas trahir l'espoir engendré". Pour sa part, La Libre Belgique, dont toute la une est barrée d'un "Royal superstar", considère que "le phénomène Ségolène Royal est une petite révolution dans l'Hexagone" et qu'"un fameux défi l'attend désormais".
Royaume-Uni
La BBC joue sur les mots pour annoncer une "Royal Revolution" dans la politique française. L'objectif de la candidate, selon le site de la chaîne, est en effet de "mener la gauche sur une nouvelle voie, en opérant une rupture nette des règles de la politique et du socialisme. La presse britannique tempère néanmoins en faisant remarquer que "la Madonne des sondages" a misé sa stratégie sur la "lutte contre le sexisme et non sur les idées" (The Guardian, centre-gauche), voire sur son "photogénisme et l'utilisation massive des médias" (The Times, conservateur).
Les journaux anglais font également remarquer que la politique française a connu une petite "révolution" en s'américanisant" avec des primaires, des débats télévisés entre les prétendants et surtout une campagne qui a "remué la boue".
Allemagne
Comme d'autres confrères européens, le conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung joue sur les mots avec son titre "les socialistes français couronnent Ségolène Royal". Le Berliner Zeitung reste factuel avec "Royal entre en campagne présidentielle" tandis que le Morgen Post fait remarquer qu'"une femme part à la conquête" de l'Elysée.
Espagne
"Ségolène remporte les primaires de son parti et révolutionne le socialisme en France", affirme le journal de droite ABC. Avec ce scrutin interne, "sans précédent dans l'histoire politique française", la candidate "a réussi à transformer le fonctionnement du PS", présenté comme "un antique parti centralisé", en substituant "la démocratie d'opinion" à la "démocratie interne, protégée par les éléphants du parti".
"Royal sera la première candidate socialiste à l'Elysée", souligne El Pais, qui évoque un "triomphe écrasant". "Depuis l'annonce de ses intentions il y a 14 mois de cela, Royal, âgée de 53 ans, a été la vedette d'un authentique phénomène médiatique", poursuit le quotidien.
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