Le chercheur français retenu en Iran témoigne

Par Stéphanie de SILGUY, le 06 avril 2007 à 10h43 , mis à jour le 06 avril 2007 à 17h37

L'historien Stéphane Dudoignon est assigné à résidence à Téhéran depuis le 30 janvier. Il témoigne dans un entretien au Figaro.

TF1/LCI : Stéphane Dudoignon, spécialiste de l'islam, chercheur travaillant pour le CNRS et l'EHESS, assigné à résidence en IranStéphane Dudoignon, spécialiste de l'islam, chercheur travaillant pour le CNRS et l'EHESS, assigné à résidence en Iran © Université de Tokyo

Stéphane Dudoignon, le chercheur français retenu en Iran, s'estime "condamné à attendre", dans un entretien au Figaro daté de vendredi. Il a été convoqué par le service des renseignements iraniens qui lui a indiqué ne pas vouloir que le sujet sur lequel il enquêtait "sorte". Spécialiste de l'islam contemporain en Asie Centrale, russophone et persanophone, ce chercheur en sociologie des religions au CNRS suit de près la question sensible de la minorité sunnite dans le sud-est de l'Iran, celle qui incarne une forme d'opposition au pouvoir chiite en place.

" On ne veut pas que ça sorte "

Il explique au Figaro qu'après son arrestation le 30 janvier dans la province sensible du Sistan-Balouchistan (sud-est), proche du Pakistan et de l'Afghanistan, alors qu'il photographiait une procession religieuse, il est entendu dans les locaux des services de renseignements de Chah Bahar. Selon lui, un agent lui lance : "C'est très intéressant, le sujet sur lequel tu travailles, mais on ne veut pas que ça sorte."

Il lui est aussi reproché d'avoir rendu visites aux membres d'une madrasa (école religieuse) "pas nette" et d'être allé à Konarak, "considérée comme une zone militaire interdite". "Mais le problème c'est qu'il n'y avait aucun signe précisant la sensibilité de cette zone", se défend-t-il, soulignant que les autorités étaient toujours au courant de "ses activités".

Le chercheur, marié à une Iranienne, affirme avoir ensuite été convoqué à Téhéran dix jours plus tard, au bureau des ressortissants étrangers, où on lui a dit : "la prochaine fois que tu souhaites revenir en Iran, c'est pour voir ta belle-famille, c'est tout."

La France a lancé mercredi officiellement un appel aux autorités iraniennes pour que le chercheur, puisse quitter le pays.

D'après agence

Par Stéphanie de SILGUY le 06 avril 2007 à 10:43
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