Benoît XVI à son arrivée à l'aéroport d'Ankara, en Turquie, le 28 novembre 2006 © TF1/LCILa Turquie "a parcouru un long chemin" et "respecte les règles fondamentales de la vie commune. C'est à ce titre qu'elle doit pouvoir entrer "dans l'Europe". Les propos sont du numéro deux du Vatican, Mgr Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Saint-Siège. Dans une interview accordée mercredi au quotidien italien La Stampa, le "premier ministre" de Benoît XVI déclare que "la Turquie est un pays définitivement laïque".
Un argument sans faille. Car "l'Europe exalte la laïcité en tant que telle, et même plus encore le "laïcisme". Et au nom de ce "laïcisme", on rejette toute référence aux racines judéo-chrétiennes", estime Mgr Bertone, en marge d'une conférence sur le thème "Christianisme et sécularisme". Lorsque le journaliste lui demande si la Turquie doit pouvoir entrer dans l'Europe, le secrétaire d'Etat répond donc "oui".
Un revirement progressif
En janvier 2007, le diplomate du Vatican avait déjà déclaré que "la Turquie est depuis longtemps un partenaire de l'Europe", parlant d'un "pont entre l'Orient et l'Occident". Mais c'est la première déclaration du Saint-Siège à être aussi affirmative sur la question.
Lorsqu'il était encore préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Ratzinger s'était publiquement opposé à l'entrée de la Turquie en Europe. En se rendant dans le pays d'Atatürk à l'automne 2006, Benoît XVI avait rencontré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier était sorti de l'entretien en affirmant que le pape était favorable à l'entrée de la Turquie en Europe. Le Saint-Siège avait alors rectifié le tir s'estimant politiquement incompétent "sur la question de son entrée dans l'Union européenne". Tout en encourageant "le chemin de dialogue, d'insertion et de rapprochement dans l'Europe, sur la base de valeurs communes".
Par la suite, le Vatican avait posé comme conditions le respect "des critères politiques (...) et de la liberté religieuse". Mgr Bertone avait déjà fait allusion à l'entrée de la Turquie dans l'Europe du "second cercle" (c'est-à-dire pas forcément dans l'Union européenne). Dans l'interview donnée à La Stampa, le cardinal ne parle pas explicitement de l'Union européenne, mais continue d'évoquer "l'Europe".
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