Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 12 décembre 2007, à l'Elysée © TF1/LCIRéception de Kadhafi, félicitations à Vladimir Poutine... : comme le veut l'exercice, la politique étrangère française a été l'un des thèmes abordés lors de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy ce mardi à l'Elysée. Le locataire du Palais n'a rien annoncé de vraiment nouveau, se contentant de défendre ses prises de position ou de redire ce qu'il aimerait être voir mis en place avant la fin de son mandat.
Sans surprise, le chef de l'Etat s'est une nouvelle fois faussement étonné de la polémique qui a entouré la visite du colonel Kadhafi en France en décembre. "J'assume. La France reçoit bien ses amis", a-t-il lancé. Réfutant le terme "fastes", il a justifié les honneurs ayant entouré ce voyage en prenant pour exemple la réception du chef d'Etat libyen quelques jours plus tard en Espagne par le roi Juan Carlos et par le Premier ministre socialiste José Luis Zapatero. Sur le fond, le président de la République a réaffirmé qu'il fallait réintégrer dans le concert des nations les dirigeants ayant renoncé au terrorisme et indemnisé leurs victimes.
De même, toujours au nom de "la diplomatie de réconciliation", il a défendu sa tentative de dialogue avec la Syrie. "Je ne regrette pas d'avoir essayé avec la Syrie, même si nous n'avons pas obtenu de résultat. Et quand les Syriens n'ont pas répondu aux appels de la France, j'en ai tiré toutes les conséquences en condamnant l'attitude de la Syrie", a-t-il ajouté.
"Il faut reprocher à Poutine ce qu'il fait de son élection"
Nicolas Sarkozy a également été interrogé sur les félicitations adressées à Vladimir Poutine après la victoire de son parti aux législatives russes. Là aussi, il a une nouvelle fois défendu son attitude -il fut le seul dirigeant occidental à avoir agi ainsi. Il a tout d'abord fait remarquer que, malgré les irrégularités avérées, le succès de Russie unie n'aurait pas été remis en cause, bien au contraire. Avant de qualifier d""étrange conception de la politique internationale que celle qui consiste à reprocher à quelqu'un son élection, et le lendemain à demander à cette même personne (...) de vous aider à régler la crise de l'Iran, de vous aider à régler la crise du Darfour, de vous aider à apaiser les tensions dans le monde". "Ce qu'il faut reprocher à M. Poutine, c'est pas d'être élu (...), ce qu'il faut lui reprocher c'est ce qu'il a fait, sur les droits de l'Homme à l'intérieur de la Russie ou sur la Tchétchénie", a-t-il noté
Dénonçant des institutions internationales adaptées "non pas au XXIe siècle, mais au XXe siècle", il a souhaité que le G8 intègre notamment l'Inde, la Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud. De même, il a déclaré qu'en "tant que membre permanent, la France mettra tout en oeuvre pour que l'Allemagne, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et un grand pays africain" deviennent également membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette volonté d'étendre le Conseil de sécurité à un ou deux membres supplémentaires est assez ancienne, et n'a jamais réussi à être mise en place en raison de nombreux blocages.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




