Sarkozy défend sa "real-politik" étrangère

le 08 janvier 2008 à 11h47 , mis à jour le 08 janvier 2008 à 14h32

Lors de sa conférence de presse, le chef de l'Etat est notamment revenu sur la visite du colonel Kadhafi et ses félicitations à Vladimir Poutine.

sarkozy kadhafiNicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 12 décembre 2007, à l'Elysée © TF1/LCI

Réception de Kadhafi, félicitations à Vladimir Poutine... : comme le veut l'exercice, la politique étrangère française a été l'un des thèmes abordés lors de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy ce mardi à l'Elysée. Le locataire du Palais n'a rien annoncé de vraiment nouveau, se contentant de défendre ses prises de position ou de redire ce qu'il aimerait être voir mis en place avant la fin de son mandat.
 
Sans surprise, le chef de l'Etat s'est une nouvelle fois faussement étonné de la polémique qui a entouré la visite du colonel Kadhafi en France en décembre. "J'assume. La France reçoit bien ses amis", a-t-il lancé. Réfutant le terme "fastes", il a justifié les honneurs ayant entouré ce voyage en prenant pour exemple la réception du chef d'Etat libyen quelques jours plus tard en Espagne par le roi Juan Carlos et par le Premier ministre socialiste José Luis Zapatero. Sur le fond, le président de la République a réaffirmé qu'il fallait réintégrer dans le concert des nations les dirigeants ayant renoncé au terrorisme et indemnisé leurs victimes.
 
De même, toujours au nom de "la diplomatie de réconciliation", il a défendu sa tentative de dialogue avec la Syrie.  "Je ne regrette pas d'avoir essayé avec la Syrie, même si nous n'avons pas obtenu de résultat. Et quand les Syriens n'ont pas répondu aux appels de la France, j'en ai tiré toutes les conséquences en condamnant l'attitude de la Syrie", a-t-il ajouté.

"Il faut reprocher à Poutine ce qu'il fait de son élection"
 
Nicolas Sarkozy a également été interrogé sur les félicitations adressées à Vladimir Poutine après la victoire de son parti aux législatives russes. Là aussi, il a une nouvelle fois défendu son attitude -il fut le seul dirigeant occidental à avoir agi ainsi. Il a tout d'abord fait remarquer que, malgré les irrégularités avérées, le succès de Russie unie n'aurait pas été remis en cause, bien au contraire. Avant de qualifier d""étrange conception de la politique internationale que celle qui consiste à reprocher à quelqu'un son élection, et le lendemain à demander à cette même personne (...) de vous aider à régler la crise de l'Iran, de vous aider à régler la crise du Darfour, de vous aider à apaiser les tensions dans le monde". "Ce qu'il faut reprocher à M. Poutine, c'est pas d'être élu (...), ce qu'il faut lui reprocher c'est ce qu'il a fait, sur les droits de l'Homme à l'intérieur de la Russie ou sur la Tchétchénie", a-t-il noté
 
Dénonçant des institutions internationales adaptées "non pas au XXIe siècle, mais au XXe siècle", il a souhaité que le G8 intègre notamment l'Inde, la Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud. De même, il a déclaré qu'en "tant que membre permanent, la France mettra tout en oeuvre pour que l'Allemagne, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et un grand pays africain" deviennent également membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette volonté d'étendre le Conseil de sécurité à un ou deux membres supplémentaires est assez ancienne, et n'a jamais réussi à être mise en place en raison de nombreux blocages.

le 08 janvier 2008 à 11:47
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10 Commentaires

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  • Vincent, le 09/01/2008 à 19h48

    Il a raison : c'est comme ça que ça marche dans les relations internationales ! Bravo mr le Président ! Garder vos amis et vos ennemis encore plus proche de vous :-)

  • ARZEUX TILLY, le 09/01/2008 à 08h48

    Très très déçu de notre président! il se prend pour Dieu. il s'augmente, il divorce, il prend jet privé, yacht, etc et voilà maintenant qu'avec une starlette, c'est du sérieux!! mais où va t-on? pendant ce temps là les français vont mal mais il s'en fout.

  • Magiera, le 08/01/2008 à 20h12

    Dans le cadre professionnel,qui n'a pas du travailler avec des gens qu'il n'appréciait pas,mais avec lesquels il fallait composer pour la bonne marche de l'entreprise ? C'est la meme chose pour le président et cela s'appelle les relations internationales et la diplomatie.

  • Thibaut, le 08/01/2008 à 18h46

    Pour florent de paris : ton raccourcis est un peu facile, tu peux tres bien ne pas etre amis avec quelqu'un sans pour autant etre son ennemi...mais visisblement tu prefere la perspective de faire d'un dictateur reconnu un amis de la france, belle ethique...MERCI A LCI DE ME PUBLIER

  • MICHEL, le 08/01/2008 à 18h42

    Je pense que SARKOZY a vu juste , car depuis que la LYBIE est revenu dans la concert des Nations, que KHADAFI est jugé fréquentable par l'ONU et que la LYBIE, peut tres rapidement figurer au Conseil de Sécurité de l'ONU, comment pouvait on ignorer ce Pays ?

  • Jacques, le 08/01/2008 à 14h48

    Il a vraiment beaucoup d'amis notre président! Ce sont les siens mais pas ceux de la France .

  • Florent, le 08/01/2008 à 14h07

    Si ce n'est pas l'ami de la France, alors c'est son ennemi ? On fait quoi avec les ennemis ? la guerre non ? Belle perspective, thibault d'argenteuil. Fort heureusement, la politique étrangère semble gérer par des gens compétents.

  • Robert, le 08/01/2008 à 14h07

    Un vrai politicien sans conviction...

  • Thibaut, le 08/01/2008 à 12h26

    Je suis ravi d'apprendre que le colonel kadafie auteur de plusieurs crimes terroriste est l'amis de la france...

  • Mickael, le 08/01/2008 à 12h23

    C'est pas lui qui pendant la campagne nous a répété sans arret que lorsqu'il serait élu la politique étrangère allait changer? C'est pas lui qui nous a répété que contrairement à ses prédécesseurs il ne se gênerait pas pour dire aux chefs d'états des régimes totalitaires tout le mal qu'il pensait d'eux? C'est pas lui qui pendant la campagne n'a cessé de critiquer Poutine en disant qu'on ne devait plus lui faire la cour et au contraire se rapprocher de Georges Bush? Eh on a eu quoi pendant 8 mois? Exactement le contraire ( à part pour Bush). La vérité c'est que le bilan de la politique étrangère de Sarkozy est calamiteux. On est fachés avec la moitié de l'Europe dont l'Allemagne, les pays africains n'en pensent pas moins même si ils se gardent bien de dire quoique ce soit. Quant aux promesses sur l'Onu et le G8 c'est pas nouveau, ça fait 20 ans que Mitterrand et Chirac souhaitent les réformer.On verra les résultats. PS: je précise que je ne suis pas de gauche ni d'extreme droite.

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