Détournement du Tanit, vendredi 10 avril : jugeant la situation préoccupante, les commandos passent à l'action et abordent le voilier. © Reuters/Marine nationaleDécouvrir les merveilles du patrimoine irakien, partir en trek dans les somptueuses montagnes afghanes, naviguer au large des côtes somaliennes, s'enfoncer dans la jungle colombienne, dormir à la belle étoile dans le Sahara algérien : autant de superbes projets de voyages qui peuvent malheureusement coûter cher à leurs auteurs en raison de la situation politique instable qui règne dans ces pays. Les risques d'enlèvement, voire d'exécution, y sont très importantes, aussi bien pour des raisons crapuleuses ou politiques.
Trop peu de Français formés au secourisme
Moins d'un Français sur deux serait capable de donner les premiers secours, selon un rapport officiel, qui propose des mesures pour remédier au problème.
Publié le 12/07/2010
Afin de limiter les risques, le ministère des Affaires étrangères met à jour régulièrement des fiches par pays sur son site "Conseil aux voyageurs" : certains pays, ou du moins secteurs précis, sont ainsi "formellement déconseillés", quelle que soit la situation. C'est ainsi le cas, par exemple la plus grande partie de l'Irak ou de la Somalie. D'autres sont "déconseillés sauf raisons professionnelles impératives", comme le Kurdistan irakien. Sur place, les représentants des autorités françaises peuvent également donner des conseils, généralement dissuasifs, comme la marine dans le Golfe d'Aden, où sévissent les pirates somaliens.
Les agences de voyages aussi
Les Français passant outre ces recommandations de l'Etat français obtiennent évidemment son appui si le voyage tourne effectivement mal et se termine en rapt. Jusqu'à présent, les frais engagés -recherche, secours, parfois militaires, rapatriement, voire paiement d'une rançon, même si officiellement ce n'est jamais le cas- sont à la charge des autorités. Face à la recrudescence de ces attitudes jugées irresponsables par le gouvernement, la donne pourrait changer.
Bernard Kouchner a en effet présenté ce mercredi en Conseil des ministres un projet de loi prévoyant que les Français se rendant dans des zones dangereuses malgré les mises en garde pourraient être amenés à rembourser "tout ou partie des frais" induits par d'éventuelles opérations de secours. Objectif : "responsabiliser les ressortissants français qui se rendent sans motif légitime dans des zones dangereuses alors qu'ils ont reçu des mises en garde sur les risques encourus". Les opérateurs de transport -compagnies d'assurance et voyagistes- sont également visés par le texte, à condition de "faillir à leurs obligations". Ces dispositions suffiront-elles à éviter de nouveaux drames concernant des Français ? Réponse dans les mois qui viennent.
"Diplomatie d'influence" |
Le texte présenté par Bernard Kouchner mercredi prévoit également la mise en place, en 2010, de deux agences, sous la forme d'établissements publics industriels et commerciaux. L'une d'elles, baptisée "Agence pour l'action culturelle extérieure" est destinée à une "rénovation profonde" de la "diplomatie d'influence" de la France. Elle naîtra de la transformation de l'actuelle association CulturesFrance. |
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