Nicolas Sarkozy et Ousmane Ngom, les ministres de l'Intérieur français et sénégalais, signent un accord sur les flux migratoires entre les deux pays, le 23 septembre 2006 © TF1/LCI"Historique et sans précédent". C'est ainsi que le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a qualifié l'accord portant sur la gestion des flux migratoires signé samedi avec son homologue sénégalais Ousmane Ngom. Le document porte sur "la gestion concertée des flux migratoires" et se décline en trois parties : l'immigration régulière, l'immigration irrégulière et le co-développement.
"L'immigration concertée vu du Sénégal, l'immigration choisie vue de France, c'est une immigration portée par un choix politique clair: nous ne pouvons pas gérer les phénomènes migratoires sans nous parler. C'est parfaitement dans la ligne du projet que j'ai fait voter le 24 juillet", a estimé Nicolas Sarkozy. "Ce qui a évolué, c'est une volonté de lever les malentendus. Le président (sénégalais) Wade avait compris l'expression immigration choisie comme exclusivement choisie par la France, sans demander l'opinion des pays d'Afrique. Cela a été très facile de lever ce malentendu", a-t-il expliqué.
Apres négociations
Le concept d'immigration choisie avait en effet provoqué une levée de boucliers en Afrique car pouvant favoriser un "exode des cerveaux" vers les pays du Nord. "Ni l'Europe ni la France ne peuvent recevoir tous ceux qui rêvent d'un Eldorado", a toutefois rappelé Nicolas Sarkozy. "Une ouverture générale des frontières entraînerait en peu de temps une déstabilisation des sociétés européennes et l'arrivée au pouvoir de partis xénophobes. Cela, personne ne le souhaite", a-t-il poursuivi.
Pour le ministre sénégalais de l'Intérieur, cet accord met en place des "moyens inédits plus performants et mieux adaptés aux nouvelles circonstances" et annonce "un nouveau jour (...) dans les relations entre la France et le Sénégal". Ousmane Ngom a également rappelé que "l'accord avait été âprement négocié" à l'occasion de nombreuses rencontres entre les deux parties mais qu'il constitue l'"illustration la plus éclatante de l'approche concertée" sur ce dossier entre les deux pays.
"Visas de circulation"
Sur l'immigration régulière, l'accord prévoit notamment un meilleur accueil des étudiants sénégalais en France et la délivrance plus facile de "visas de circulation" pour les hommes d'affaires et les artistes pour faciliter les échanges entre les deux pays. Concernant l'immigration irrégulière, l'accord prévoit de faciliter le rapatriement de clandestins sénégalais. La France proposera avant le 30 septembre un projet d'accord d'application de ces dispositions.
Enfin, le troisième volet aborde le co-développement, avec une aide financière, "dans un premier temps", de 2,5 millions d'euros pour financer des micro-projets, notamment dans le secteur de l'agriculture. "Le malheur de l'Afrique aujourd'hui sera le désastre de l'Europe de demain. Nous devons aider l'Afrique à se développer", a insisté le ministre français.
D'après agence
Hollande estime que Sarkozy était en campagne |
François Hollande a déclaré samedi, à l'occasion d'un voyage à Nice, que Nicolas Sarkozy avait entrepris son voyage au Sénégal principalement "comme candidat" à l'élection présidentielle et non comme ministre de l'Intérieur. "Il a même avancé son déplacement pour prendre de vitesse une responsable socialiste, en l'occurrence Ségolène Royal", a déclaré le Premier secrétaire du PS, venu participer à la Fête de la Rose qui a rassemblé un millier de militants socialistes dans le centre de Nice. |
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