Jacques Chirac s'exprimant au sommet de la Francophonie de Bucarest © TF1/LCIJacques Chirac a très vivement critiqué jeudi soir le régime du président Laurent Gbagbo, jugeant que la Côte d'Ivoire, "incapable" d'organiser des élections, est désormais dans une situation "désastreuse". Dans une déclaration d'une rare férocité visant son homologue ivoirien, qu'il n'a pas nommé, Jacques Chirac s'est dit "tout à fait désespéré de cette situation", dans un entretien à TV5 et RFI, en marge du Sommet francophone de Bucarest.
"Chacun voit quelle est la situation en Côte d'Ivoire, ce pays qui est à la fois riche potentiellement et que le président Houphouët Boigny avait su gérer de façon admirable, comme un grand sage qu'il était, et qui a été mis dans la situation que nous voyons aujourd'hui", a déclaré Jacques Chirac. Cette situation, a-t-il poursuivi, "est désastreuse à tous égards, et notamment au regard des règles de la démocratie, puisqu'on est incapable d'y organiser normalement, faute de listes électorales crédibles, des élections".
Appel à l'Union africaine et à la CEDEAO
La France compte depuis quatre ans près de 4000 soldats de la force Licorne en Côte d'Ivoire, qui renforcent les 7000 Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) chargés de surveiller le cessez-le-feu entre les rebelles du nord et les forces loyalistes du sud du pays. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis septembre 2002, après le coup d'Etat raté contre le président Gbagbo de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôlent le nord du pays.
Jugeant que "l'on ne peut pas avoir un gouvernement qui n'a pas d'autorité", Jacques Chirac a qualifié le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny d'"homme de sagesse qui n'est pas impliqué dans la défense d'intérêts particuliers en Côte d'Ivoire, qui incarne donc autant que faire se peut l'intérêt général. Je serais pour ma part tout à fait favorable à ce qu'une disposition constitutionnelle lui permette d'avoir les pouvoirs les plus larges possibles". Charles Konan Banny, qui représentait son pays au Sommet de Bucarest, est un Premier ministre de transition désigné par la communauté internationale début décembre 2005 pour mener à bien le processus de paix.
A la tribune du Sommet de Bucarest, Jacques Chirac s'était contenté jeudi matin d'appeler à des élections "ouvertes et fiables" en Côte d'Ivoire, jugeant que les pays francophones ne peuvent tolérer que "la discorde propage des incendies". Jeudi soir sur TV5 et RFI, il a jugé que la solution ne pouvait venir que des Africains eux-mêmes, citant l'Union africaine et la Communauté économique des Etats de l'Ouest africain (CEDEAO).
D'après agence
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