Pieter Willem Botha est mort

le 01 novembre 2006 à 08h22 , mis à jour le 01 novembre 2006 à 22h07

Surnommé "le grand crocodile", l'ancien président sud-africain, a dirigé le pays pendant les années de répression les plus féroces de l'apartheid.

Pieter Willem Botha est décédé le 31 octobre 2006Pieter Willem Botha est décédé le 31 octobre 2006 © TF1/LCI

Pieter W. Botha a dirigé l'Afrique du Sud de 1978 à 1989, comme Premier ministre, puis comme président, pendant les années de fer du régime d'apartheid, sur fond d'isolement international. Surnommé le "Grand crocodile" en raison de ses positions intransigeantes, il est décédé mardi à l'âge de 90 ans dans sa résidence de la province du Western Cape..

Il avait été hospitalisé à la mi-octobre pour ce que les médecins avaient qualifié de "contrôle de routine", démentant les informations faisant état d'une nouvelle crise cardiaque. En 1989, ses problèmes cardiaques l'avaient poussé à passer le flambeau à Frederik De Klerk qui ouvrit une ère de la transition qui allait aboutir, en 1994, à la tenue des premières élections multiraciales de l'histoire de l'Afrique du Sud.

Tortures, détentions sans procès

Comme ministre de la Défense d'abord, puis comme Premier ministre (1978-1984) et enfin comme président (1984-89) après une modification de la Constitution, Botha, personnage austère et coléreux, incarna la mainmise progressive de l'appareil militaro-sécuritaire sur le régime sud-africain. D'états d'urgence en états d'urgence, les années 80 virent des milliers de détentions sans procès, de tortures, d'exécutions par des escadrons de la mort, d'opérations commandos hors des frontières contre les opposants à l'apartheid.

Pressentant pourtant des changements inéluctables, Botha tenta des réformes timides du régime, comme le Parlement tri-caméral (chambre pour Blancs, Indiens et métis) ou l'abrogation de quelques lois racistes. Il ne réussit en fait qu'à s'aliéner la droite blanche la plus raciste, et à décupler l'impatience de la majorité noire. En 1987-1988, Botha approuva pourtant les premiers contacts secrets avec l'icône de la lutte de libération noire, Nelson Mandela, encore en prison.

Inflexible et sans remords

Né en 1916 dans une famille d'agriculteurs afrikaners ruinés, Pieter Willem Botha avait fait des études de droit grâce à une bourse avant de se lancer dans la politique à plein temps. Ses talents d'organisateur, sa férocité dans le combat politique, furent à l'origine de son ascencion rapide au sein du Parti national (NP) au pouvoir, avec une entrée au gouvernement dès l'âge de 42 ans.

Fier de ses racines boers (agriculteurs descendants des colons hollandais) comme de son bilan politique, Botha demeura inflexible et sans remords bien après sa retraite politique, refusant de venir témoigner à la Commission Vérité et Réconciliation (TRC), ou de s'excuser, même en termes vagues et collectifs, pour les violations des droits de l'homme commises sous l'apartheid.

L'hommage de Mandela

Le premier président noir de l'Afrique du Sud et héros de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, a rendu hommage mercredi à l'ancien président sud-africain Pieter Willem Botha, pour avoir ouvert la voie à la fin de la domination blanche dans son pays. "Alors que pour beaucoup M. Botha restera un symbole de l'apartheid, nous nous souvenons aussi de lui pour les démarches qu'il a entreprises afin d'ouvrir la voie vers l'accord final négocié pacifiquement dans notre pays" et qui a mis fin au régime raciste en 1994, a-t-il déclaré.

(D'après agence)

le 01 novembre 2006 à 08:22
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1 Commentaires

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  • Nkoa, le 01/11/2006 à 09h57

    Je suis africain, cependant je n'intervient pas sur cette tribune pour juger pieter botha.Paix à son âme.Seulement, force est de reconnaître qu'il a été la victime d'une histoire et d'un environnement.Pour tout ce qu'il a fait nous lui reprochons sa mauvaise lecture des signes et des temps.on peut opprimer une partie du peuple,une partie du temps,on peut opprimer une partie du peuple tout le temps mais on ne peu pas opprimer tout un peuple tout le temps.

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