Un sommet en forme d'adieu pour Chirac

le 15 février 2007 à 06h30 , mis à jour le 15 février 2007 à 10h49

Le sommet qui s'est ouvert jeudi à Cannes est l'occasion pour le président de la République de faire son bilan sur l'influence française en Afrique.

TF1/LCI : Ouverture du 24e sommet Afrique-France à Cannes (15 février 2007)Ouverture du 24e sommet Afrique-France à Cannes (15 février 2007) © TF1/LCI

Le Palais des festivals de Cannes accueille ce jeudi et jusqu'à vendredi le 24e sommet Afrique-France, avec pour thème "l'Afrique et l'équilibre du monde", au cours duquel sera notamment abordé le dossier des matières premières, objet d'une âpre compétition et d'une offensive d'envergure de la Chine. Mais ce sommet est aussi et surtout l'occasion pour Jacques Chirac de faire ses adieux à un continent où l'influence de Paris s'est fortement réduite, au cours de ses douze années passées au pouvoir.

Jacques Chirac aura manifesté un  attachement profond à l'Afrique dont il s'est voulu le défenseur, mais son  amitié avec certains dirigeants et sa vision du continent l'ont conduit à privilégier le soutien à des régimes controversés. Même si elle a évolué au fil des ans, sa vision africaine est restée largement marquée par la période de la guerre froide, l'Afrique des  partis uniques, le temps des relations personnelles avec une génération de  dirigeants très proches de Paris, comme l'Ivoirien Félix Houphouët-Boigny ou  Omar Bongo Ondimba (Gabon).

"Il n'a pas mis les dirigeants africains devant leurs responsabilités"

Son soutien à des "dinosaures" comme le dictateur togolais Gnassingbé  Eyadéma, au pouvoir pendant 38 ans, qu'il saluera comme un "ami personnel" à  son décès, lui auront aliéné une partie des nouvelles générations d'opposants et  de dirigeants africains. "Il est resté largement sur ce type de relations personnelles avec des chefs  d'Etat. On cherchait des amis fidèles, pas des partenaires", estime Antoine  Glaser, coauteur de l'essai "Comment la France a perdu l'Afrique". "Il n'a pas mis les dirigeants africains devant leurs responsabilités par  rapport au manque de démocratie, de bonne gouvernance", explique-t-il.

Il s'est voulu le porte-parole de l'Afrique, défendant dans les enceintes  internationales la nécessité d'aider le continent, de faire plus dans la lutte  contre la pauvreté, de combattre les grandes pandémies, dont le sida, en étant à  l'origine d'un projet de taxe sur les billets d'avions. Parfois surnommé "Chirac l'Africain", le chef de l'Etat s'est rendu fréquemment  sur le continent.  Passionné d'arts premiers, il est crédité d'une vraie connaissance et d'un attachement sincère à ce continent. Il a assuré que la France, en raison de son histoire, maintiendrait son  "engagement" aux cotés de l'Afrique, même après son départ.

Le président algérien présent

Au cours de ce sommet, plusieurs chef d'Etat brilleront pas leur absence : le Sud-africain Thabo Mbeki et l'Ivoirien Laurent Gbagbo ont décliné l'invitation, tout comme le président zimbabwéen Robert Mugabe, qui est lui interdit de séjour en Europe par l'UE, en raison de violations des droits de l'Homme depuis 2002. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika sera en revanche bien présent, alors que les relations entre les deux pays sont houleuses, notamment en raison de la polémique sur la colonisation française.

Ce sommet de Cannes se déroule aussi sur fond de campagne électorale en France, au cours de laquelle les deux principaux candidats à la présidentielle, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, ont pris position pour une nouvelle politique concernant l'Afrique, fondée sur plus de transparence. Le président malien Amadou Toumani Touré, le chef de l'Etat égyptien Hosni Moubarak, la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure la présidence de l'UE, prendront la parole à l'ouverture du sommet. Le prochain sommet Afrique-France se tiendra en Egypte en 2009.

D'après agence

Convoqué par la justice, le président de Djibouti sera au sommet

La juge chargée de l'enquête sur la mort du juge français Bernard Borrel en 1995 à Djibouti a demandé à entendre comme témoin, vendredi à Paris, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, qui doit participer au sommet Afrique-France à Cannes. "Au regard de la coutume internationale et de la loi, les chefs d'Etat disposent des mêmes immunités que les diplomates et en conséquence ne peuvent être contraints de témoigner dans le cadre d'une procédure judiciaire", a toutefois rappelé mercredi le ministère de la Justice dans un communiqué. L'ambassade de Djibouti à Paris a confirmé pour sa part la participation du président Guelleh au sommet Afrique-France malgré la convocation de la juge qu'elle a qualifiée d'acte "hostile".

le 15 février 2007 à 06:30
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5 Commentaires

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  • Oncle, le 07/06/2009 à 11h20

    On veux un bled laique ou chaque algerien et libre

  • Oncle, le 07/06/2009 à 11h19

    Allez algerie debout

  • Oncle, le 07/06/2009 à 11h19

    Bouteflika nous les algeriens on comte sur toi pour metre algerie debout inchalla

  • Marcel, le 15/02/2007 à 08h00

    Les chinois ne s'embarrasse pas de transparence pour s'implanter en Afrique et en exploiter les resources

  • Michel, le 15/02/2007 à 07h56

    Le sommets africain, c'est bien joli, mais combien çà coûte aux contribuables que nous sommes ?

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