Rafik Khalifa, à l'origine du plus grand scandale financier en Algérie © TF1/LCIAuparavant "symbole d'une Algérie ouverte sur le monde et qui gagne", Rafic Khalifa n'est plus qu'un "criminel en fuite". En suivant les réquisitions du procureur qui appelait à la condamnation par contumace à perpétuité de l'ancien "golden boy", la juge du tribunal criminel de Blida, Fatiha Ibrahimi, met un terme provisoire au procès fleuve du scandale financier de la "Khalifa Bank". Deux mois qui auront vu la condamnation de 45 des 94 accusés, certains à des peines de prison ferme particulièrement lourdes.
Interrogé par la police londonienne le 27 février sur des soupçons de blanchiment d'argent, Rafic Khalifa a été laissé en liberté provisoire sous caution. Une mesure prolongée jusqu'au 22 mai, après un second interrogatoire, le 20 mars. Malgré un mandat d'arrêt international et un accord d'extradition signé entre l'Algérie et la Grande-Bretagne, l'ancien "golden boy" ne devrait pas être remis demain aux autorités algériennes, les procédures britanniques d'extradition étant longues.
Un préjudice évalué à 1,15 milliard d'euros
La chute est dure pour l'ancien magnat algérien, qui paye aujourd'hui l'effondrement en 2003 d'un groupe miraculeusement bâti en seulement cinq ans. A l'origine du procès, il y a ces milliers de petits épargnants algériens qui ont perdu tout ou partie de leurs avoirs avec la faillite frauduleuse de la Khalifa Bank, pour un préjudice évalué à 1,15 milliard d'euros. Grâce à l'habileté de son fondateur et à des soutiens parmi les décideurs algériens, la banque avait aussi accumulé les dépôts d'institutions et d'entreprises publiques.
Comme un château de carte, c'est tout l'empire Khalifa (plus de 20.000 employés) qui s'est effondré avec la fuite de son président, frappant, outre la banque, une compagnie aérienne, deux chaînes de télévision et des sociétés opérant dans des secteurs comme la location de voitures et le bâtiment. Malgré sa médiatisation cathartique pour l'Algérie, le procès n'a pas abordé la question essentielle des soutiens au plus haut niveau qu'a reçu Rafic Khalifa, fils d'un ancien chef des services de renseignements algériens.
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