
Près de 36 millions d'électeurs sont appelés à voter ce lundi sur la réforme constitutionnelle proposée par le président Hosni Moubarak : pas moins de 34 amendements à la constitution. Un scrutin rejeté en bloc par l'opposition qui y voit une atteinte à la démocratie. Les ONG des droits de l'homme, dont Amnesty international, ont également dénoncé la réforme, de même que les Etats-Unis, pourtant pays allié de l'Egypte.
Cette réforme, qui semble destinée à verrouiller la transition politique face à la montée des islamistes, a été soumise à référendum une semaine à peine après son adoption par le Parlement. Les articles les plus controversés portent sur la lutte anti-terroriste, avec l'élargissement des pouvoirs de la police, et sur la supervision des élections, avec une réduction du contrôle exercé par les juges et l'abandon du principe d'un juge par bureau de vote.
Participation prévue : moins d'un électeur sur trois
L'approbation finale de la réforme ne fait aucun doute, dans un pays où les scrutins, souvent émaillés de violences et de fraudes, ont toujours été remportés par le pouvoir depuis 50 ans. 9900 bureaux de vote ont été installés à travers le pays et le taux de participation devrait être inférieur à 30 pour cent, de l'avis même de Gamal Moubarak, fils cadet du président et directeur de la campagne pour le "oui", qui impute l'abstention à des raisons liées à l'organisation du vote.
En annonçant ce référendum, le président, âgé de 78 ans, au pouvoir depuis 26 ans, n'a pas évoqué sa succession mais a clairement indiqué sa volonté de "barrer la route à ceux qui essayent d'utiliser la religion à des fins politiques", à savoir : la confrérie islamiste des Frères musulmans. Devenue la principale force d'opposition avec un député sur cinq, la confrérie, interdite mais tolérée, est visée par un amendement qui interdit la création d'un parti sur une base religieuse. Il lui serait ainsi impossible de présenter un candidat à la présidentielle, prévue pour 2011, contre un candidat du régime qui pourrait être, selon les observateurs, Gamal Moubarak.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




