Camp de réfugiés au Darfour © TF1/LCIAlors même que Bernard Kouchner est en tournée africaine et doit rencontrer le président soudanais sur la question du Darfour, la réunion internationale annoncée par la France lors du G8 marque la première tentative d'élaborer une stratégie commune pour résoudre la crise politique et le drame humanitaire. Au dernier jour du sommet, à Heiligendamm, les Huit ont d'ailleurs tenu à souligner leur "vive préoccupation" en se disant favorables à ce que les auteurs "d'atrocités" commises contre les civils soient traduits en justice.
Prévue le 25 juin à Paris, la réunion sur le Darfour devrait réunir notamment la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et son homologue chinois Yang Jiechi ainsi qu'une vingtaine d'autres représentants de pays et organisations. La mise en place d'un "Groupe de contact élargi", impulsée par Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, se veut à l'opposé des initiatives unilatérales. Le Groupe de contact comprend la France, les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Norvège, le Canada, ainsi que l'Onu, l'Union européenne et l'Union africaine. Il doit être élargi notamment à la Chine, l'Afrique du Sud et l'Egypte.
La priorité de Kouchner : "sécuriser" les civils
Cet élargissement intervient alors que la pression ne cesse de croître sur le Soudan. Quelque 200.000 personnes sont mortes depuis février 2003 au Darfour selon l'Onu et plus de 2,1 millions d'autres ont été déplacées. Le Soudan a donné, sous pression chinoise, son accord au déploiement de 3000 employés de l'Onu en soutien à la force de l'Union africaine au Darfour mais tarde à autoriser une mission hybride Onu-UA d'environ 20.000 hommes.
De manière plus immédiate, Bernard Kouchner va discuter dimanche avec le président tchadien Idriss Deby de l'envoi d'une force dans l'est du Tchad pour "sécuriser" les civils victimes de violences. Le nouveau chef de la diplomatie française, qui a fait du Darfour sa "priorité" dès sa nomination il y a trois semaines, est certes revenu en arrière sur son idée d'un "corridor humanitaire à partir du Tchad". Mais aujourd'hui, selon une source diplomatique, "on veut expliquer aux Tchadiens qu'il faut une force militaire avec un accord à trouver entre l'Onu et le Tchad sur la formation de cette force" à laquelle le président Deby s'est montré réticent. "Nous en revoyons le mandat. L'idée n'est plus la sécurisation de la frontière (comme proposé dans un premier temps par l'Onu) mais une sécurisation des camps de personnes déplacées et de l'environnement des camps".
D'après agence
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