Guillaume Soro, Premier ministre ivoirien © TF1-LCILes proches de Guillaume Soro veulent calmer le jeu après l'attentat qui a visé vendredi l'avion du Premier ministre ivoirien. Si ce dernier s'est tiré apparemment indemne de l'attaque - il est apparu vendredi soir en bonne santé devant des journalistes - il ne s'est toujours pas exprimé depuis l'attentat.
"Nous avons procédé à plusieurs arrestations, mais on ne peut pas en dire plus maintenant", a sobrement déclaré samedi Konaté Sidiki, ministre du Tourisme du gouvernement de Soro, aux côtés duquel il se trouvait pendant l'attentat. Selon des sources de sécurité, l'attaque, brève, avait été menée par un petit groupe isolé, quelques hommes équipés d'un lance-roquette et de kalachnikovs, cachés près de la piste où l'appareil était en train d'atterrir, et qui s'étaient vite enfuis. L'assaut avait fait au moins quatre morts et 10 blessés, selon le dernier bilan officiel.
"Un des derniers soubresauts sur le chemin irréversible de la paix"
"Dans l'immédiat, nous avons bouclé l'aéroport et les ratissages continuent dans les quartiers environnants. On a pu découvrir trois sites où ils étaient embusqués, pas loin d'une route. On a découvert aussi du matériel", a ajouté Konaté Sidiki. Concernant les inquiétudes sur les risques d'une résurgence de la violence, là encore, le ministre s'est voulu rassurant : "Le Premier ministre maintient le calendrier" de l'accord de paix de Ouagadougou, a-t-il déclaré devant plusieurs dizaines de ses soldats au quartier général de la rébellion des Forces Nouvelles (FN). Du côté de la présidence ivoirienne, on minimise également l'attentat, vu comme "un des derniers soubresauts sur le chemin irréversible de la paix".
Cette attaque jette pourtant un froid sur le climat de réconciliation observé depuis la signature de l'accord de paix du 4 mars entre le président Laurent Gbagbo et son ancien ennemi devenu Premier ministre début avril. L'accord vise à terme à réunifier la Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis septembre 2002 entre le nord tombé aux mains des FN et le sud toujours contrôlé par le président Gbagbo. Mais avec l'attaque contre l'appareil de Soro, plusieurs observateurs à Abidjan craignent des tensions au sein des FN, divisées entre ceux qui ont poussé leur chef à se rapprocher du président ivoirien et à accepter le poste de Premier ministre, et ceux qui estiment qu'il a trahi la cause de la rébellion en le faisant.
(D'après agence)
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