Camp de réfugiés au Darfour © TF1/LCILa résolution a été édulcorée, mais elle une grande avancée pour la région dévastée depuis 4 ans. Surtout, elle aboutit à l'envoi 4 fois plus d'hommes qu'il n'y en a actuellement sur place. Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a voté mardi à l'unanimité - même la Chine, alliée de Khartoum - le déploiement d'une force conjointe ONU-Union africaine (UA) dans la province soudanaise du Darfour.
26.000 hommes, casques bleus et soldats de l'UA, vont être envoyés dans cette région de l'ouest du Soudan où les civils soudanais sont la proie de milices encadrées par l'armée soudanaise. Quelque 200.000 personnes y sont mortes depuis février 2003 selon l'ONU et plus de 2,1 millions d'autres ont été déplacées, chiffres contestés par Khartoum. Il faudra attendre entre 6 mois et un an avant que la mission onusienne, baptisée Unamid, ne soit en place. Le coût de l'opération devrait avoisiner les 2 milliards de dollars la première année.
Une mission large et des pouvoirs limités
Après des mois de pressions diplomatiques, Khartoum avait accepté le 12 juin de remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7000 hommes mal équipés, par une force hybride, associant l'Union africaine et l'ONU (plus de 20.000 soldats et policiers). Mais le rôle de cette force a fait jusqu'au bout l'objet d'âpres négociations. La résolution, reprise plusieurs fois, autorise finalement l'usage de la force en situation de légitime défense, pour garantir la liberté de mouvement des organisations humanitaires et pour protéger les civils. Mais ses rédacteurs ont renoncé à invoquer le chapitre VII de la Charte de l'ONU pour donner pouvoir à la force mixte d'enquêter sur la présence éventuelle d'armes au Darfour, ce qui serait une violation des résolutions des Nations-unies. La force hybride n'a plus que pour mission de "surveiller" ces armements.
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient au départ préconisé une ligne très ferme contre le Soudan mais il est vite apparu nécessaire d'adoucir le texte pour obtenir le soutien de certains membres africains du Conseil de sécurité et de la Chine. Ainsi, le 24 juillet, la France et le Royaume-Uni, soutenus par les Etats-Unis, ont retiré les menaces de sanctions du projet de résolution. Leur mention a donc disparu du nouveau texte. Mais les Etats-Unis ont averti mardi soir que le Soudan s'exposerait à des sanctions "unilatérales et multilatérales" en cas de non respect de cette résolution.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a qualifié la résolution "d'historique et sans précédent". Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, l'a jugée "porteuse d'un très grand espoir" même si elle "ne doit pas nous inciter à relâcher nos efforts". Il faut maintenant porter tous les efforts sur les moyens d'assurer "un règlement politique" entre le gouvernement de Khartoum et tous les groupes rebelles du Darfour, a dit pour sa part l'ambassadeur du Royaume-Uni. Et pour l'ambassadeur du Soudan à l'Onu, la résolution adoptée "constitue une amélioration" par rapport aux précédentes moutures et "contient de nombreux éléments positifs".
D'après agence
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