Carte de l'Algérie © TF1/LCIUn nouveau bilan fait état de dix morts, tous des militaires et 35 blessés : un attentat-suicide a visé mercredi matin une caserne de l'armée à Lakhdaria (anciennement Palestro), au sud-est d'Alger. Selon des témoins, un kamikaze s'est fait exploser à bord d'un véhicule piégé lancé à toute vitesse en direction de l'entrée de la caserne. Plusieurs ambulances ont évacué rapidement les victimes vers les hôpitaux de la région.
C'est le premier attentat terroriste de cette envergure enregistré en Algérie depuis ceux du 11 avril contre le Palais du gouvernement à Alger et un commissariat de Bab Ezzouar dans la banlieue est, qui avaient fait 30 morts et plus de 200 blessés. Ils avaient été revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb, une branche de la nébuleuse d'Oussama Ben Laden.
L'appel de Bouteflika
D'autres attaques ont touché le pays : Le 16 mai, une bombe artisanale avait tué une personne dans un carrefour à Constantine, la veille de l'ouverture du scrutin législatif. Le 6 juin une bombe artisanale avait explosé à Tizi-Ouzou en Kabylie près de la gare routière et le Palais de justice faisant un mort. Le préfet de ce département a par ailleurs échappé le 5 juillet à un attentat à la bombe placé au passage de son cortège à Aït Yahia, près de Tizi Ouzou.
L'attentat de Lakhdaria coïncide avec un appel du président Abdelaziz Bouteflika, également ministre de la Défense et chef suprême des forces armées, pour l'intensification de la lutte anti-terroriste, prononcé devant les cadres du ministère de la Défense, à l'occasion du 45e anniversaire de l'indépendance, le 5 juillet. "Nous devons poursuivre sans relâche la lutte contre les entreprises criminelles et terroristes de ceux qui, refusant l'appel magnanime de la nation (en faveur de la réconciliation nationale), se déclarent résolument ennemis du peuple et voudraient perturber le mouvement de refondation et de cohésion nationale", avait déclaré le président Bouteflika.
Mercredi, le ministre algérien de l'Intérieur, Yazid Zerhouni a indiqué que la lutte contre les groupes armés islamistes "se poursuivra avec la même détermination".
Charte pour la paix
Les violences imputées aux islamistes armés persistent malgré la mise en oeuvre, en février 2006, d'une Charte pour la paix et la réconciliation nationale censée y mettre fin. Quelque 2.200 détenus islamistes ont été libérés en application de cette Charte et 300 autres ont rendu leurs armes et bénéficié d'une mesure de grâce présidentielle. En incluant les huit morts de Lakhdaria, une cinquantaine de personnes, dont 28 islamistes armés, ont été tuées dans ces violences depuis début juin, selon un décompte établi par l'AFP d'après des bilans officiels et de presse.
D'après agence
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