Le sort des infirmières bulgares a été évoqué le 26 avril 2007 par les deux candidats à la présidentielle © TF1-LCILa justice libyenne se veut inflexible : la Cour suprême libyenne a ainsi confirmé mercredi les peines de mort pour les cinq infirmières et le médecin bulgares condamnés pour propagation du virus du sida. L'audience a duré cinq minutes à peine ; elle s'est tenue en l'absence des six prévenus et s'est conclue sur ces mots du président de la cour : "Au nom du peuple, la cour a décidé de ne pas accepter l'appel présenté par les accusés et confirme la peine de mort à leur encontre".
Mais parallèlement, la Fondation Kadhafi a annoncé une possible échappatoire : un accord financier. Il ne change pas la décision de la Cour suprême libyenne, mais pourrait permettre de commuer les peines. En d'autres termes, la Libye pourrait garder en détention, voire finalement libérer les cinq infirmières et le médecin contre une somme dont on ignore le montant. La plus haute instance judiciaire libyenne se réunira d'ailleurs lundi pour annuler ou commuer la condamnation à mort : il s'agit du Conseil supérieur des instances judiciaires, un organe politique présidé par le ministre de la Justice libyen.
"Centaines de millions de dollars"
Le ministre a confirmé par ailleurs qu'un accord sur des compensations avait été obtenu par la Fondation Kadhafi, sans divulguer le montant exact des fonds déjà versés. Il s'agit de "centaines de millions de dollars", s'est-il contenté de dire.
Le Bâtonnier de Paris, Yves Repiquet, a appelé mercredi à une mobilisation nationale et internationale en faveur des infirmières et du médecin bulgares. Des responsables de l'Union Européenne ont déploré mercredi la confirmation des condamnations à mort de cinq
infirmières et d'un médecin bulgares pour propagation du virus du sida et demandé la "clémence" de la plus haute autorité judiciaire libyenne qui se réunira lundi pour commuer ou annuler ces peines.
"Un compromis acceptable"
Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova ainsi que le médecin Achraf Joumaa Hajouj, sont détenus depuis 1999. Tous sont accusés d'avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi, deuxième ville de Libye, dont 56 sont décédés. Les multiples témoignages d'experts, dont celui du co-découvreur du Sida, Luc Montagnier, incriminant les conditions d'hygiène dans les hôpitaux de Libye, n'ont jamais fait varier la justice libyenne qui a déjà confirmé à plusieurs reprises la sentence de mort. Et jusqu'à présent, les multiples pressions internationales n'avaient pas semblé donner plus de résultats.
Du moins jusqu'à mardi soir, avec le message de la Fondation Kadhafi, à quelques heures de l'annonce attendue de la décision de la Cour suprême libyenne. Cette association caritative présidée par Seif Al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a fait savoir que les familles des enfants morts ou malades avaient accepté "un compromis acceptable". L'accord portant sur ces compensations financières a été passé entre les familles et le fonds spécial d'aide aux victimes créée en 2005 par Tripoli et Sofia, sous l'égide l'Union européenne pour indemniser les familles des enfants malades.
Avec Agence
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