Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007, à Libreville © TF1/LCIPays différent, mais même discours. Après le Sénégal jeudi, Nicolas Sarkozy était vendredi au Gabon, un autre pays de "l'anachronique pré carré" français. Reçu avec les honneurs par le président Omar Bongo, le chef de l'Etat a de nouveau adressé son message d'une France décomplexée, qui ne nie pas les atrocités de la colonisation, mais qui souhaite aller de l'avant. "On ne peut pas tout mettre sur le dos de la colonisation. La corruption, les dictateurs, les génocides, c'est pas la colonisation", a déclaré le chef de l'Etat. "Je veux aider l'Afrique à se développer et je veux lui parler franchement".
Il a ensuite justifié une nouvelle fois les restrictions imposées par la France à l'immigration. "La France veut aider l'Afrique à se développer. Mais, à un moment donné, il faut bien que quelqu'un dise : il y a 450 millions de jeunes Africains qui ont moins de 17 ans, tous ne pourront pas venir en Europe". "Et puis, si on prend tous vos médecins, tous vos cadres, tous vos ingénieurs, tous vos techniciens, comment allez-vous développer vos économies ?", a-t-il demandé. "La France restera un pays ouvert mais la France restera un pays qui dira sa part de vérité", a insisté Nicolas Sarkozy.
50 millions d'euros pour la forêt gabonaise
Le chef de l'Etat est également revenu sur le projet d'Eurafrique, exposé jeudi à Dakar et qui a semblé séduire le président sénégalais. "Nous allons prendre des initiatives communes, le président du Sénégal et moi, peut-être même signer un papier", a souligné Nicolas Sarkozy, avant le sommet de Lisbonne des 27 de l'Union européenne et les pays africains, qui doit se tenir en octobre.
Après s'être entretenu avec Omar Bongo, Nicolas Sarkozy a proposé de transformer une partie de la dette gabonaise vis-à-vis de la France de l'ordre de 50 millions d'euros, en investissements pour la protection de la forêt gabonaise. "Le Gabon a obtenu mi-juillet une décote de 15% de sa dette au Club de Paris. La France appliquera une décote de 20%", a-t-il déclaré.
Nicolas Sarkozy a enfin estimé que la justice française, qui a ouvert en juin une enquête au sujet d'une plainte visant ses homologues gabonais et congolais, devait "faire son travail" sans que cela entrave les relations bilatérales. "Je ne vois pas au nom de quoi cela peut 'impacter' nos relations" avec le Gabon, a-t-il ajouté. Le parquet de Paris a ouvert le 19 juin une enquête préliminaire après le dépôt, en mars, d'une plainte pour "recel de détournement de biens publics" déposées par des associations contre les présidents Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso.
Affaire Areva au Niger : Sarkozy veut "démêler les fils" |
Nicolas Sarkozy a annoncé à Libreville envisager une initiative dans les prochains jours pour tenter de "renouer les fils du dialogue" entre le gouvernement nigérien et les rebelles touareg. Interrogé sur l'expulsion du représentant du groupe nucléaire français Areva accusé de financer une rébellion touareg dans le nord du pays, Nicolas Sarkozy a déclaré que la France essayait "de démêler les fils, de voir ce qui s'est exactement passé". Une rébellion touaregs active, le Mouvement des Nigériens pour la justice, a ressurgi en février dans le nord du pays, la zone de production d'uranium, dont le Niger est le 3e producteur mondial. |
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